Archives de catégorie : Batailles pour une gestion publique

De la privatisation de l’eau à celle …de la politique!

Le Syndicat des eaux de la presqu’île de Gennevilliers a décidé lors de sa réunion du 29 mai de renouveler le contrat de délégation de service public (DSP) plutôt que de s’engager dans la création d’une régie publique.

Cette décision a recueilli 13 voix sur 25. Ce résultat étriqué montre qu’il ne s’agit pas d’un choix largement partagé. Les 11 élus de gauche et écologistes se sont prononcés pour la régie, ce dont nous nous félicitons (un siège n’étant pas pourvu au moment du vote).

Cette décision va à l’encontre du mouvement qui rassemble largement en France et dans le monde entier et qui considère l’eau comme un bien commun, géré d’une façon publique. Le succès de l’Initiative citoyenne européenne pour le droit humain à l’eau en est le dernier exemple en date.

Il s’agit d’un choix précipité et injustifié : le contrat actuel prend fin en juin 2015, il n’y avait aucune urgence à décider maintenant. Sauf à vouloir éviter à tout prix le débat de fond avec les citoyens à l’occasion de la campagne des élections municipales. Aussi la décision a été prise en catimini : pas d’affichage public annonçant la réunion du comité syndical, et la réunion n’a pas été publique ! Le siège du syndicat a même été fermé au public pendant la réunion et placé sous la protection de vigiles…

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Syndicat des eaux de la presqu’île de Gennevilliers: tout est sous contrôle!

 

 

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Jour de vote et de …

 

 

 

 

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…fermeture aux usagers-citoyens !

 

 

 

 

 

Le bilan approfondi du contrat de délégation de service public à Eau et Force (filiale de la multinationale Suez) depuis 2001 n’a pas été fait. Une étude réalisée sur le choix de mode de gestion laisse cependant entrevoir l’ampleur de la surfacturation actuelle puisque, même dans le cas d’un renouvellement du contrat de DSP, les dépenses chuteraient de 20 % au minimum (et sans doute bien davantage en sortant l’achat d’eau du contrat) ! Cela représente la modique somme de 11,4 millions d’euros par an. Soit 20 euros par an et par habitant pour cause de surfacturation…

Et l’étude montre qu’une régie serait 19% moins chère que la DSP actuelle ! Pour éviter la conclusion logique qu’une régie publique s’impose, l’étude invente la « DSP optimisée » qui serait encore moins chère que la régie… mais cela reste à prouver. Et l’expérience actuelle n’incite pas vraiment à continuer dans la même voie !

Pour toutes ces raisons, la Coordination EAU Île-de-France exige l’ajournement de cette décision, la réalisation d’un audit sur le bilan du contrat actuel et le lancement d’un débat public avant toute décision.

Dernières réactions:

Communiqué FDG Gennevilliers

Christiane Chombeau, conseillère municipale de Colombes

 Laurence Lenoir, élue d’Asnières

Groupe EELV du Conseil régional

Communiqué Europe Ecologie Les Verts 92

 

 

 

 

 

Le « fabuleux contrat privé » du syndicat des eaux de Gennevilliers

Le syndicat des eaux de la presqu’île de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) s’apprête à reconduire le 29 mai l’un des plus importants contrats de gestion privée de l’eau en France. Cette délégation de service public, qui arrive à échéance le 30 juin 2015, rassemble dix communes et constitue un gros enjeu économique et social.

Le blog de Thierry Brun (hebdomadaire Politis) rappelle les observations de la chambre régionale des comptes en 1999. « Les usagers pourront ainsi méditer sur la troublante gestion de l’eau potable en délégation de service public ainsi que sur l’opacité dominant les choix à venir du SEPG. »

Lire l’article complet ICI

Dans un communiqué de presse, le Front de gauche de Gennevilliers, indique que le troisième contrat privé au niveau national après le Syndicat des eaux d’Ile-de-France (SEDIF) et Marseille « pourrait être reconduit en catimini, sans information ni consultation des habitants. Nous ne pouvons pas accepter que le débat n’ait pas eu lieu et ce malgré le travail et la pression exercée par nos élu(e)s qui sont favorables à un retour en régie publique (Asnières, Gennevilliers et Nanterre). La société civile 92 environnement et l’UFC que choisir, qui ont assisté à la réunion consultative le 24 avril, (…) ont donné, à notre grand étonnement, un avis favorable à la délégation de service public ».

Lire aussi le communiqué du Parti de Gauche de Colombes ICI 

Rendez-vous le 29 mai à 14h30 à Nanterre (300, rue Paul Vaillant-Couturier, local du syndicat des eaux de la presqu’île de Gennevilliers), jour du vote solennel.

 

Nanterre se prononce en faveur de la régie publique

A l’approche de la fin du contrat de délégation du Syndicat des Eaux de la Presqu’Île de Gennevilliers (dont fait partie Nanterre), le conseil municipal s’est prononcé le 26 mars pour la régie publique.  Une course contre la montre est engagée, le Syndicat souhaitant prendre une décision le 29 mai et …éviter tout débat à ce sujet avec les citoyens dans la campagne des élections municipales. Une précipitation qui n’est pas justifiée par le calendrier technique de la fin du contrat prévue le 30 juin…2015! A noter que si un audit sur les différentes options possibles a été réalisé depuis par le Syndicat, la demande de la ville de Nanterre de « disposer d’un audit économico-financier, véritable bilan du contrat de délégation permettant de rendre compte de la réalité économique du contrat dans toute sa durée » n’a pas été satisfaite.

Ci-dessous les principaux extraits de la délibération votée dont le texte intégral ainsi que l’intervention de Christine Bourcet, adjointe au Maire, se trouvent en lien en fin d’article.

« La ville de Nanterre a transféré la compétence du service public de l’eau potable au Syndicat des Eaux de la Presqu’île de Gennevilliers.

Le Syndicat a lui-même fait le choix de déléguer ce service en concluant un contrat de délégation de service public avec la société Eau et Force depuis 2001.

Ce contrat de délégation de service public arrivera à échéance le 30 juin 2015. Cette perspective va amener le syndicat des eaux à se prononcer très prochainement sur le mode de gestion du service de l’eau à retenir pour la période au-delà de l’échéance.
(…)

Il faut remarquer que pour une consommation constante l’évolution de la facture d’eau payée par un ménage a été de 33,6 % en 10 ans (2002 – 2012), que le prix de l’eau seule (hors redevances) a augmenté de 27% alors que l’indice Insee des prix à la consommation a varié de son côté de 20,6 %. La charge générée par le service de l’eau sur les budgets des ménages prend donc une part de plus en plus importante.toute sa durée. Cela doit être le moyen d’initier un contrôle rigoureux qui a fait défaut jusque-là.

(…)

Les représentants de la ville de Nanterre ont multiplié, depuis plusieurs années, les interventions au sein du comité syndical afin d’obtenir davantage de transparence et de contrôle, et pour remédier à certaines anomalies constatées dans l’exploitation du service par le délégataire. Ils ont formulé différentes propositions, certaines ont été retenues permettant quelques avancées dans l’intérêt des usagers et d’une meilleure gestion du service. Mais d’autres se sont heurtées au « fondement même » du contrat actuel qui est sans risque ni péril pour le délégataire. Le contrat venant à échéance en 2015, les représentants de la ville demandent de pouvoir disposer d’un audit économico-financier, véritable bilan du contrat de délégation permettant de rendre compte de la réalité économique du contrat dans toute sa durée. Cela doit être le moyen d’initier un contrôle rigoureux qui a fait défaut jusque-là.

(…)

Le travail mené par les représentants de la ville au sein du comité syndical, ainsi que la réflexion engagée dans les ateliers citoyens qui se sont déroulés en 2012, ont permis une analyse développée du mode de gestion actuelle en DSP, et d’appréhender les enjeux de ce service public et des différents modes de gestion possibles.
L’ensemble de ces éléments conduit à soutenir la mise en place de ressources de direction, d’expertise et de contrôle au sein du Syndicat des eaux et à favoriser le choix d’un mode de gestion directe.

(…)

Article unique : Les représentants de la ville de Nanterre porteront lors des comités syndicaux du Syndicat des Eaux de la Presqu’île de Gennevilliers :

o Le besoin de la mise en place de ressources de direction, d’expertise et de contrôle au sein du Syndicat des eaux,

o Le choix d’un passage en gestion publique directe.

Lire :

La délibération du Conseil municipal du 26 mars 2013

L’intervention de Christine Bourcet

 

Le SEDIF et les « acharnés »

Une nouvelle péripétie juridique entre le SEDIF et la Coordination EAU Île-de-France au sujet d’Est Ensemble.

 

En mai 2012, suite à un recours de la Coordination EAU Île-de-France, le tribunal administratif de Montreuil a annulé la délibération de la Communauté d’agglomération Est Ensemble décidant d’adhérer au Syndicat des eaux d’Île-de-France (SEDIF). Depuis, la Communauté d’agglomération a lancé un nouvel audit, confié au bureau d’études SP2000, dont les résultats sont attendus pour juin 2013. Mais Est Ensemble n’a pas revoté la délibération cassée. Est Ensemble ne fait donc toujours pas partie du SEDIF.

 

De son côté, la Coordination n’est pas restée les deux pieds dans le même sabot. Au début de l’année 2013, elle a rencontré le nouveau président de l’agglomération et s’apprête à rendre publiques ses propositions concrètes pour la gestion de l’eau dans l’agglomération. Sur sa lancée, elle a aussi déposé un recours contre le SEDIF qui a pris des décisions concernant Est Ensemble alors que l’agglomération n’en faisait pas partie. En février 2011, le SEDIF avait en effet décidé d’activer l’annexe 46 du contrat SEDIF VEOLIA, annexe qui concernait l’intégration d’Est Ensemble au SEDIF. Or à cette période, Est Ensemble n’était pas encore formellement adhérente au SEDIF et depuis la décision, on l’a vu, a été cassée. Mieux, cet annexe impliquait une baisse tarifaire (quasiment annulée depuis par les hausses successives) qui a été appliquée dès janvier 2011, avant que la délibération soit votée ! Et cet annexe au contrat avait été adopté en juin 2010, alors que l’agglomération n’était pas adhérente au SEDIF. C’est donc un abus de pouvoir manifeste. Le tribunal a cependant rejeté le recours de la Coordination, car il est trop tard pour dénoncer l’illégalité de la délibération de juin 2010. Il aurait fallu le faire dans les deux mois. Cela ne signifie pas pour autant que le tribunal délivre un brevet de légalité à cette délibération, comme tente de le faire croire le SEDIF dans son (petit) communiqué ! D’ailleurs, le tribunal a rejeté également les demandes du SEDIF (3000€!) contre notre association…

 

L’autre motif invoqué par le tribunal pour rejeter le recours de la Coordination est que la délibération du SEDIF de février 2011 mentionnait une réserve pour son application, concernant l’adhésion effective d’Est ensemble au SEDIF. Mais l’annexe 46 a été mis en application avant que cette condition soit remplie ! Comprenne qui pourra… Quoi qu’il en soit, ce jugement ne change pas grand chose. Nous n’avons pas fait un pas supplémentaire mais nous n’avons pas reculé. Est Ensemble ne fait toujours pas partie du SEDIF et la situation reste ouverte, ce qui est l’essentiel. Le titre du communiqué du SEDIF, outre qu’il est mensonger, constitue un aveu de faiblesse : une décision publique, normalement prise, n’a pas besoin d’être « confortée »…

 

Enfin le SEDIF dénonce « l’acharnement » de la Coordination Île-de-France à son encontre: c’est un hommage du vice à la vertu. Oui, nous sommes acharnés contre une délégation de service public  à la même entreprise depuis 90 ans ! Oui, nous sommes acharnés contre un des tarifs les chers de France ! Oui, nous sommes acharnés contre une surfacturation imposée aux populations les plus démunies ! Oui, nous sommes acharnés contre le verrouillage politique exercé par le même président depuis trente ans ! Que le mastodonte s’irrite des piqûres du moustique est plutôt bon signe…Continuons à nous acharner ensemble! Acharnez-vous !

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communiqué SEDIF 170513

 

 

 

Nouvelle vague pour l’eau bien commun

Succès du Forum européen des jeunes pour l’eau

« La rencontre pendant quatre jours de plus de quatre vingt jeunes, de cinq pays principalement, pour agir ensemble sur les politiques européennes concernant l’eau est forte de sens. Tout d’abord, il faut remarquer la base commune qui les réunit: ils sont favorables au droit humain à l’eau, ils considèrent l’eau comme un bien commun, ils sont jeunes et européens, et ils veulent construire une action dans la durée, ensemble.

Bien entendu, il y a entre eux de nombreuses différences d’opinions, de formations ou d’expériences. Par exemple, certains ont une approche environnementale. D’autres ont une approche plus centrée sur les droits humains, le social ou la démocratie. Mais il ne s’agit pas de se mettre d’accord ou de se convaincre qu’une approche est bonne et l’autre non; il s’agit plutôt de construire une convergence d’actions et de propositions dans le dialogue entre les uns et les autres.

Et déjà, cette base commune -qui a été actée dans un document- est formidable! Mesurons le chemin parcouru qui fait que ces idées sont aujourd’hui partagées par une grande partie de la population, ce qui n’était pas le cas, il y a quelques années. En cela, et à une échelle plus modeste bien sûr, ce forum se situe dans la droite ligne du référendum italien en 2011 ou du Forum alternatif mondial de l’eau (FAME) à Marseille en 2012. C’est une autre manifestation de l’émergence  qui semble durable, d’un mouvement de l’eau, portant ces enjeux, dans une grande diversité de personnes, d’organisations et d’actions.

D’ailleurs le forum de Padoue, après l’atelier « eau, jeunes, citoyenneté », organisé à Nanterre en décembre 2011 et le forum des jeunes dans le cadre du FAME,  a posé un nouveau jalon dans la construction d’un mouvement des jeunes pour l’eau bien commun. Les suites immédiates seront d’abord de rester en contact les uns avec les autres, de se retrouver pendant l’été à l’occasion d’une nouvelle manifestation prévue par la Cordination EAU Île-de-France du 4 au 7 juillet en région parisienne, où il s’agira d’enraciner ce mouvement dans notre territoire, puis à l’occasion du festiforum Europie organisé par le réseau EYES à Toulouse du 23 au 25 août. Enfin il s’agira de se saisir de l’Initiative citoyenne europénne « l’eau est un droit humain », au moment (septembre-ocotobre) où la Commission européenne publiera son « Blueprint »; une façon donc d’intervenir directement dans l’agenda officiel et de faire entendre la voix des jeunes au sein des institutions européennes.

On ressort de ce forum à Padoue avec un profond sentiment d’encouragement pour tous les militants de l’eau dans leur diversité et pour toutes leurs luttes! »

Ouverture du Forum européen des jeunes pour l’eau à Padoue. Premier jour: le témoignage de trois jeunes participants, Alexis, Boris et Louis

« Nous étions une trentaine de jeunes français vendredi soir à partir de Paris pour nous rendre au forum européen des jeunes pour l’eau, à Padoue en Italie. Ce forum, auquel participent des jeunes venus de Belgique, Espagne, Italie, France et Slovénie, est co-organisé par l’institut Européen de recherche sur la politique de l’eau (IERPE), Enginyeria Sense Fronteres (ESF), le Centro di Volontario Internazionale (CeVI), la Coordination EAU-ÎLE-de-France et Voluntariat SCI Slovenia. D’horizons différents, étudiant-e-s, jeunes salarié-e-s, militant-e-s associatifs ou politique, nous sommes tous animés par un même combat, celui du droit à l’eau, à l’heure où l’accès à l’eau coûte de plus en plus cher et pèse de plus en plus sur le porte-monnaie de chaque famille.

Après un long voyage marqué par une longue nuit dans le bus, du fait d’un mouvement de grève en Italie, nous sommes bien arrivés à destination pour la première journée de travail.

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Nous sommes arrivés à la Casa a colori, un cadre convivial où nous logerons durant ces quatre jours. Le forum s’est ouvert sur une introduction par Anna Brusarosco du CeVI. Elle nous a présenté le déroulé du forum, nous rappelant les objectifs qui ont motivé sa mise en oeuvre : sensibilisation des jeunes européen-ne-s aux questions de l’eau et réflexion autour de la mise en place d’un mouvement de jeunes au niveau européen en faveur du droit à l’eau. Donnant ensuite la parole aux cinq délégations, ces dernières purent expliquer les différents ateliers qu’elles avaient mis en place en amont du forum.

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Puis, répartis dans cinq groupes, nous avons pu faire plus amplement connaissance avec les camarades des autres délégations avec qui nous serons amenés dans les jours à venir à travailler sur des sujets aussi divers que la reconnaissance du droit à l’eau, la politique issue de la directive cadre européenne (DCE), le mouvement de privatisation de l’eau en Europe, et les alternatives à cela. Au sortir de plus d’une heure d’échanges, nous nous sommes retrouvés autour d’un bon plat de pâtes. Puis dans la soirée, la centaine de participants s’est mise au travail afin de préparer les actions de mobilisation du lendemain. Car nous avons conscience que le réseau européen que nous tâchons de construire a vocation à provoquer l’émulation auprès des usagers afin de faire comprendre la mesure de tous les autres enjeux économiques, écologiques et sociaux que recouvre l’eau. »

Forum Européen des Jeunes pour l’Eau, jour 2. Approfondissement des thématiques auprès des experts.Témoignages de quatre jeunes participants : Louis, Alexis, Boris.

GANGSTER« En ce deuxième jour de Forum, un programme bien chargé nous attendait. À commencer par un moment fort du séjour : meeting ouvert au public, autour des orientations politiques de l’Europe ainsi que sur la participation et la sauvegarde du bien commun que constitue l’eau. Plusieurs intervenants de qualité étaient présents.

Marco Iob, chargé des campagnes sur l’eau au CeVI, a commencé par présenter le résultat du référendum ayant eu lieu en Italie en 2011. Pour lui, la logique de privatisation va à l’encontre de la démocratie. En effet, la privatisation provoque la technocratisation qui exclut les citoyens des organes de décision. Voilà pourquoi la possibilité d’organiser des Pétitions et des Initiatives Citoyennes Européennes (ICE) doit nous permettre de reprendre le pouvoir sur la chose publique.

Christian Legros, directeur de Belgaqua et administrateur de l’Institut Européen de Recherche sur la Politique de l’Eau (IERPE), est venu nous présenter l’historique des politiques européenne de l’eau. Après en avoir fait la genèse, il nous a présenté la Directive Cadre Européenne du 23 octobre 2000 (Directive 2000/60/EC), publiée le 22 décembre 2000. Cette directive marque un tournant dans l’intérêt porté par la commission européenne à  la question de l’eau. Même si elle est loin d’être suffisante, elle marque tout simplement un premier pas fait dans l’idée de préservation des ressources hydriques en Europe. Christian Legros nous rappelle qu’en 2012, seuls 43% des masses d’eau sont en « Bon État » ( » good status « ). Il est prévu d’atteindre le taux de 53% en 2015 avec une prévisions d’un « Bon État » de toutes les masses d’eau d’ici 2027.

Le 14 novembre 2012, la commission européenne rendait public le Plan d’action pour la sauvegarde des ressources hydriques en Europe, ou « Water Blueprint », désormais document politique le plus important de l’Union Européenne en matière de politique de l’eau après la DCE de 2000. Il reprend les principes inspirateur, les normes et les moyens d’action proposés par la DCE. Un document conçu comme instrument clé pour jeter la base programmatique des choix de l’UE en ce qui concerne les enjeux de l’eau jusqu’en 2030.

Christian Legros conclut cependant en formulant quelques critiques : en confirmant le principe de pollueur-payeur dans le Blueprint, l’eau est encore trop considérée comme une ressource et non comme un Droit Humain fondamental. M. Legros dénonce ainsi la « croyance religieuse dans le marché », les pollueurs n’étant pas limités autrement que par la contrainte économique. Ce faisant, ils évacuent la possibilité de mener d’autres politiques plus contraignantes et efficaces pour lutter contre la pollution de l’eau.

Adriana Marquisio, uruguayenne, membre de la Plataforma de Acuerdos Públicos Comunitarios (PAPC) est venue nous expliquer le rôle de cette coordination entre personnes publiques et citoyens mais aussi entre personnes publiques elles-mêmes favorisant ainsi le développement de réseaux publics internationaux. L’objet de la PAPC est de promouvoir la reconnaissance du droit à l’eau ainsi que la gestion publique de l’eau incluant l’implication communautaire.

Gabriella Zanzanaini, représentante de Food and Water Watch en Europe, nous a exposé les liens purement économiques qui existent entre les Etats européens en mettant en exergue le manque de clarté et de solidarité à l’échelle européenne alors que la crise et l’austérité nous frappent tous.

Enfin, Camila Olivera a présenté l’historique et les détails de la « Guerre de l’eau » à Cochabamba (Bolivie).

Dans l’après-midi, les groupes de travail thématiques se réunissaient à nouveau. Nous avons pu à cette occasion avoir de très enrichissantes discussions avec des experts. Puis nous nous sommes attelés à préparer une liste de questions, avis ou suggestions à proposer aux décideurs le lendemain.  »

Jour 3. Le Forum européen des jeunes pour l’eau se poursuit dans une ambiance studieuses et décontractée à Padoue. Le carnet de Romain, un jeune participant francilien.

« 9H30-10H30 : Chaque groupe présente les travaux qui ont été réalisés la veille. Nous y retrouvons ici, les grands thèmes et les grandes questions qui ont émergé lors de ces travaux :

Quelques exemples :

  • L’eau en tant que bien commun approuvé lors du référendum en Italie,
  • Quelle suite a été donnée à ce référendum?,
  • Les problèmes de transparence vus dans les institutions privées et publiques,
  • Les conflits d’intérêts,
  • Quelles sont les effets du « Blueprint » ? (le document de travail de la commission européenne sur la politique de l’eau)
  • Quelles sont les processus de formation et d’éducation sur le droit à l’eau ?
  • La privatisation et ses effets négatifs ;
  • L’action de certaines communes menées au CANADA à travers le label « blue community »
  • Critique des nouveaux partenariats publics-privés,
  • Du local au global,
  • Comment communiquer, mobiliser et influencer ?
  • (…)

De 10H30 à 12H00 : Nous faisons la rencontre de

  • « Serena Pelegrino » (membre du parlement Italien – élu sur  la Région de Venise – du parti Ecologie et Liberté)
  • « Walter Bonner » : coordinateur des mouvements sur l’eau sur la Région de Venise. Il est aussi adjoint aux biens communs dans sa ville.

Notre rencontre avec « Serena Pelegrino » :

Ici, la discussion se concentre principalement sur la politique italienne :

  • un premier point est fait sur le mouvement 5 étoiles,
  • L’agenda 21 qui peut être un très bon outil de communication si celui-ci est appliqué
  • La démocratie directe, représentative et consultative,
  • La politique doit être réserver à des experts ou non ?
  • Retour sur le cas de Cochabamba (autogestion qui fonctionne plus ou moins bien)
  • Référendum Italie : le peuple à voté mais aujourd’hui, qu’en est-il ?

13H-14H : petit repas entre ami(e)s …

De 14h à 17H : Les groupes se retrouvent pour faire des considération, élaborer des demandes, et réaliser des propositions déclinées sur trois grandes échelles : locale / nationale / Européenne

De 17H à 19H : Une fois ce travail réalisé, nous nous réunissons tous en assemblée plénière où chaque groupe expose son travail ( cf les documents réalisés).

Des discussions se mettent en place et un premier débat qui se concentre principalement sur l’eau en tant que bien culturel ou naturel s’installe. Également, quelques questions commencent à apparaître sur la suite qui sera donnée à ce forum des jeunes européens sur l’eau.

Pendant la soirée, des groupes de jeunes s’organisent. Pendant qu’un groupe constitue un écrit final (qui ressemble à une grande charte-déclaration) représentant le travail final accompli lors de cet atelier, un autre groupe se mets en place et réalise une évaluation des trois jours passés et un dernier prépare une soirée pour clôturer ce forum sur une note festive ! »

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Le TA de Paris juge la précipitation et le passage en force du SEDIF

A l’audience du Tribunal administratif de Paris du 11 avril, est examiné un recours déposé par la Coordination EAU Île-de-France pour l’annulation d’une délibération du SEDIF, votée en février 2011. Cette délibération mettait en place l’annexe 46 du contrat SEDIF-VEOLIA, prévu pour le cas où l’agglomération Est Ensemble, adhère au SEDIF. Or à cette date, l’adhésion de l’agglo au SEDIF n’était pas effective ! Mieux, depuis, elle a été annulée  par le Tribunal administratif de Montreuil ! Cette délibération prévoyait une baisse des tarifs supplémentaires (histoire d’appâter les gogos comme on peut le voir ci-dessous) : 1,41 €/m3 avec Est Ensemble au lieu 1,51€/m3 sans Est Ensemble. Mais le SEDIF s’est tellement précipité qu’il a appliqué ce tarif dès le 1er janvier 2011, avant même le vote de la délibération l’y autorisant !!!

Pour que l’annexe 46 soit valide, il fallait que l’agglomération Est Ensemble adhère au SEDIF dans les deux ans après la signature du contrat SEDIF-VEOLIA, intervenue pendant l’été 2010. Un délai forclos puisque,à ce jour, la CAEE n’est toujours pas adhérente au SEDIF.

M. Santini avait pourtant mis la pression pour qu’Est Ensemble adhère au SEDIF. Ainsi les élus communautaires avaient sur leur table une lettre de M. Santini sur leur table le jour où devait avoir lieu le vote de l’agglo sur l’adhésion au SEDIF !

La précipitation et le passage en force caractérisent depuis le début le renouvellement du contrat entre le SEDIF et VEOLIA. On se souvient encore d’un vote ahurissant à bulletins secrets pour choisir la délégation de service public comme mode de gestion en 2008…

Le recours de la Coordination vise à mettre un coup d’arrêt à cet abus de pouvoir permanent. Il vise aussi à bloquer toute possibilité d’adhésion d’Est Ensemble au SEDIF.

Tarif : c’est toujours plus cher avec le SEDIF!

Le tarif du SEDIF au 1er janvier 2013 est 1,47 €/m3 (pour la partie eau exclusivement). Du 1er janvier 2011 (départ du nouveau contrat SEDIF VEOLIA) au 1er janvier 2013, l’augmentation est donc de 4,25%.  Le tarif préférentiel avec l’adhésion au SEDIF n’était donc qu’un attrape-nigaud.

A titre de comparaison, le tarif d’Eau de Paris au 1er janvier 2013 est 1,05 €/m3, inchangé depuis le 1er janvier 2010, date du retour en régie publique. Le SEDIF fait payer aux usagers domestiques des tarifs qui sont de 40 à 68% plus élevés que ceux d’Eau de Paris.

C’est bien un racket qui s’opère sur les usagers via le SEDIF.

Le 11 avril 2013