De la suite dans les idées à Plaine commune

Rappel des épisodes précédents: le vote sur l’adhésion au SEDIF, prévu le 26 septembre au conseil territorial de Plaine commune a été reporté sous la pression citoyenne. Le 26 septembre, le Président a  annoncé que le vote sur l’adhésion ou non au SEDIF aurait lieu le 28 novembre. Lire ci-dessous la réaction et une tribune de Kader Chibane, Vice-président de Plaine commune. Et un communiqué de Bastien Lachaud, député d’Aubervilliers-Pantin.

Lors du conseil territorial de Plaine commune du 26 septembre, dans la discussion suivant la présentation de l’avis de la chambre régionale de la cour des comptes, Kader Chibane a réclamé une feuille de route sur les bonnes conduites de concertation sur ce sujet. Il a proposé une démarche s’appuyant sur trois axes :

– Débat public dans chaque ville du Territoire;

– Débat au sein de chaque Conseil Municipal du Territoire au mois d’octobre;

– un travail du Conseil de développement sur la gestion de l’eau.

Il a prévu également d’interpeller au nom de son groupe politique (écologistes et citoyens), le Maire de Saint-Denis afin d’inscrire ce débat au conseil municipal du 19 octobre prochain. Et  de prendre les dispositions pour organiser le débat public en associant activement  le collectif Eau Saint-Denis.
Dernière nouvelle: au conseil municipal de Saint-Denis le 28 septembre, le Maire a accepté d’organiser un débat au conseil municipal le 19 octobre et d’organiser un débat public avec les associations.

Ci-dessous sa tribune qui  vient  de paraître dans « En commun », le magazine de Plaine Commune.

L’EAU DU ROBINET N’EST PAS À VENDRE !

Le Conseil de Territoire doit se prononcer avant le 31 décembre sur la ré-adhésion au Syndicat des Eaux DIle de France et de fait sur le mode de gestion de l’eau pour les années à venir. Or, le délégataire du SEDIF,  Véolia,  enfreint la loi et a été récemment condamné pour avoir opéré des coupures d’eau et des réductions de débit pour certains foyers. Nous le répéterons jamais assez l’eau n’est pas une marchandise mais un bien commun universel. Son exploitation ne doit pas rémunérer des actionnaires mais garantir un tarif au mètre cube le moins cher possible avec la meilleure qualité possible. Ainsi, nous souhaitons passer en régie publique comme la Ville de Paris qui a créée en 2010 « Eau de Paris ». Les tarifs de la régie parisienne sont 30% moins chers avec en prime moins de substances toxiques et un meilleur goût en développant par exemple l’agriculture biologiques sur les zones de captage d’eau et en entretenant régulièrement les canalisations de leurs réseaux. Chez nous, c’est l’inverse avec une eau plus chère et de moins bonne qualité car elle peut mettre jusqu’à 96H pour arriver dans nos robinets avec un réseau en moyenne composé à 39% de canalisation en PVC, à 55 % en diverses fontes, à 4% en amiante-ciment et à 2% en acier/béton (étude des Canaliseurs de France 2002).

Peut-on imaginer que cette décision soit prise sans qu’aucun débat public n’ait été organisé et sans que les conseils municipaux des villes du Territoire n’aient eu à en débattre ?

Nous avons interpellé le Président de Plaine Commune afin qu’un débat citoyen se déroule. Si nous actons la sortie du SEDIF à partir du 1er janvier 2018, Véolia continuera à acheminer l’eau jusqu’en 2022 date de la fin de son contrat d’exploitation.

Communiqué de Bastien Lachaud, député de Seine Saint-Denis

Je me félicite de la décision prise par l’Établissement Public Territorial de Plaine Commune de reporter sa décision sur la ré-adhésion au SEDIF. Je me félicite également du vœu voté à l’unanimité au sein du Conseil Municipal de la ville d’Aubervilliers de s’engager dans le sens d’une régie publique de l’eau et d’un débat citoyen autour de cette question. C’est un combat que je porte depuis des années, notamment lors des campagnes présidentielle et législative sur le programme L’avenir en commun qui précise vouloir « favoriser la création de régies publiques de l’eau au niveau local pour une gestion démocratique ».

L’eau est un bien commun, et en tant que tel ne peut être qu’un service public. C’est pourquoi il est crucial que les communes se saisissent chacune de l’opportunité de basculer en régie publique dès que possible. Argument économique supplémentaire, la gestion en régie publique permet systématiquement un prix du mètre-cube d’eau inférieur à celui des régies privées. La régie publique permet enfin une gestion sociale de l’eau, avec par exemple la gratuité des premiers mètres cubes indispensables à la vie, et le surcoût des mésusages et gaspillages. En revanche, au SEDIF, on déplore régulièrement des coupures d’eau opérées par Véolia chez des habitants en situation d’endettement alors même que ce procédé est interdit depuis 2013.

Raisons pour lesquelles je m’engage pleinement en faveur du passage de Plaine Commune en régie publique de l’eau, ce qui implique de commencer par ne pas re-adhérer au SEDIF lors du vote du 28 novembre prochain. J’ai par ailleurs, demandé, avec M. Coquerel, à rencontrer M. Braouezec au sujet de ce prochain vote.

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