En Île-de-France, nous sommes de plus en plus nombreux à nous intéresser à l’eau…

Nous ? Les associations, les experts, les artistes, les jeunes, les
usagers-citoyens… Nous nous retrouvons chaque année au Festival de l’Oh !
ou à Paris plage. Certains agissent en faveur de la gestion publique de
l’eau, avec succès à Paris, avec un peu moins de succès (jusqu’à présent) au
SEDIF… D’autres se sont mis en mouvement pour empêcher l’exploration et
l’exploitation des gaz et pétrole de schistes qui constituent une nouvelle
menace sur nos précieuses nappes d’eau souterraines. D’autres encore ont mis
en échec l’installation d’un circuit de F1 à Flins à proximité d’un champ de
captage pour l’eau potable. D’autres récupèrent l’eau de pluie pour arroser
leur jardin. D’autres interviennent sur le terrain pour que les plus
démunis, population Rom, squatters, SDF, aient eux aussi accès à l’eau dans
des conditions dignes. De l’analyse de la facture d’eau par des
consommateurs, en passant par la projection-débat autour de « Water makes
money », les gestes éco-citoyens, jusqu’à des performances artistiques ou à
l’intervention de la brigade activiste des clowns lors d’une réunion « de
concertation » à Est ensemble, les actions sont, elles aussi, multiples et
variées.

Le hic ? C’est que jusqu’à présent cette diversité et cette richesse ne se
retrouvent pas au moment de prendre les décisions qui concernent l’eau et
l’assainissement dans notre région. Ces décisions sont prise en général loin
de nous, par des administrations concentrées et parfois par des entreprises
puissantes, les premières multinationales du monde dans leur domaine, à une
échelle qui souvent nous dépasse. C’est ce fossé que la Coordination Eau
Île-de-France souhaite commencer à combler en préparant des Assises
régionales des associations pour l’eau. Avec ces Assises, il s’agit de
rendre visible cette effervescence citoyenne, de mieux se connaître les uns
les autres, de s’épauler dans nos actions, de mutualiser éventuellement nos
moyens, de faire des projets ensemble… Cela revient à commencer à
construire un mouvement citoyen capable d’influer sur les décisions en
matière d’eau et d’assainissement en Île-de-France.

Concrètement, comment ça se passe ? Les assises régionales auront lieu au
Pavillon de l’eau, 77 avenue de Versailles à Paris le vendredi soir 9 décembre et le samedi 10 décembre toute la journée. Elles seront précédées en novembre par des forums thématiques dans les départements. Toutes les infos sont là :
<http://assiseseau-idf.fr/> Pour prendre contact et s’inscrire, c’est ici :
eauidf@hotmail.freauidf@hotmail.fr>

Une victoire historique en l’Ile-de-France!

La Coordination Eau Île-de-France salue l’élection d’Anne Le Strat à la présidence de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie (AESN). C’est une rupture historique à la tête de la première agence de l’eau de France. Anne Le Strat a mené à bien la remunicipalisation de l’eau à Paris, fermant la parenthèse de 25 ans de privatisation. Elle a battu André Santini qui dirige le Syndicat des Eaux d’Île-de-France (SEDIF) depuis 28 ans, en délégation à VEOLIA dont c’est même le premier contrat dans le domaine de l’eau en Europe !
En portant les valeurs du retour et de la rénovation du service public, la gauche l’emporte aujourd’hui ; une leçon que devraient méditer les élus socialistes et communistes qui continuent à siéger de façon consensuelle, à coup d’« abstention positive », au bureau du SEDIF sous la présidence de … M. Santini ! Ou les élus socialistes et la minorité des élus communistes de l’agglomération « Est Ensemble » qui ont préféré rejoindre le SEDIF et VEOLIA à une gestion publique en partenariat avec Eau de Paris.
Au moment où se pose la question de la gestion de l’eau à l’échelle de la métropole parisienne, le basculement de l’AESN est un point d’appui pour construire une dominante publique avec Eau de Paris plutôt que d’aller vers le tout privé avec le SEDIF et VEOLIA.
Un bilan lucide de l’action de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie s’impose maintenant. Le colloque « Eau et Terre » organisé par la Coordination Eau Île-de-France le 7 avril dernier, avait pointé les défis à relever pour préserver et même le plus souvent retrouver une qualité de la ressource, fortement dégradée par l’agro-industrie et sous le coup de nouvelles menaces avec les gaz et pétroles de schistes… Dans le domaine de la démocratie, un tournant s’avère indispensable : la participation des usagers-citoyens doit s’imposer, a contrario de la situation actuelle. La Coordination Eau Île-de-France est disponible et volontaire pour contribuer à ces changements.

Le 29/09/11

Déclaration de Montreuil – FAME 2012

L’Assemblée préparatoire du Forum Alternatif Mondial de l’Eau (FAME), réunie à Montreuil les 9 et 10 juillet, s’est réjouie du succès historique pour l’eau et pour la démocratie, obtenu par le peuple italien avec le référendum. Elle s’est aussi félicitée du fait que le droit d’accès à l’eau ait été inscrit dans la constitution marocaine, même si celle-ci reste en de-ça des demandes du mouvement pour le changement engagé au Maroc à la suite du printemps arabe.
En France, après une bataille juridique de plusieurs années, le Conseil constitutionnel vient d’autoriser le département des Landes à favoriser dans ses subventions les communes qui choisissent la régie. C’est un échec de plus pour les protagonistes de la mondialisation financière dans leur volonté de conquête des services publics de l’eau. Décidément le monde des marchands d’eau vacille !  A tel point que la multinationale VEOLIA vient d’annoncer sa ré-organisation en France pour faire face à la montée de la pression citoyenne en faveur de la gestion publique.
Dans ces conditions, le FAME en mars 2012 à Marseille est le prochain grand rendez-vous international du combat pour l’eau bien commun et droit humain fondamental. Sa dynamique participative est à présent bien lancée avec une centaine de contributions venues de 30 pays et de tous les continents, en particulier d’Afrique. A partir de ces propositions, une douzaine de grands thèmes, de l’agriculture et l’alimentation à l’énergie, en passant par la santé, ont été retenus et seront publiés dans les prochains jours. Un tribunal mondial de l’eau se réunira aussi à l’occasion du FAME. Ateliers, conférences films, expositions, animations de rues, le FAME accueillera des événements de toutes sortes auxquels chacun-E viendra pour participer directement et pas seulement pour assister.
Le FAME sera enfin un lieu de dialogue avec les pouvoirs publics, notamment territoriaux, auxquels incombe la gestion de l’eau et de l’assainissement et avec les services publics de l’eau. Un espace d’expositions et de rencontre leur sera réservé.

Assises régionales des associations pour l’eau : c’est parti !

 La réunion préparatoire tenue au Conseil régional samedi 25 juin a permis de découvrir l’expérience des associations présentes et de dresser une plate-forme des valeurs qui nous rassemblent : l’eau comme « bien commun », la transparence de sa gestion et des choix de cette gestion, la nécessaire « présence-expertise » citoyenne, l’échange des savoir-faire en la matière, les dimensions environnementales et sociales de cette ressource incontournable.
Les Assises régionales des Associations pour l’Eau visent à mettre en réseau toutes les associations qui ont l’eau pour point commun, à mutualiser leurs expériences pour faire émerger un acteur citoyen-usager au niveau régional. Elles visent aussi à inscrire des propositions émanant des citoyens dans la politique régionale de l’eau en cours de révision.  Elles sont enfin le rendez-vous pour préparer le Forum Alternatif Mondial de l’Eau (FAME) qui se tiendra à Marseille en mars 2012.
Nous remercions tous les présents et leurs associations, compte tenu de cette « fin de saison » chargée, et Hélène Gassin, vice-présidente de la Région IDF, chargée de l’Environnement, pour avoir permis à cette première rencontre de se tenir.
Nous saluons la présence d’Emmanuel Petrella de l’IERPE et des États Généraux de l’Eau de Bruxelles (EGEB) avec lesquels nous avons des échanges constructifs.
CALENDRIER et PROGRAMMATION :
Les Assises sont programmées pour décembre 2011 (sur Paris, dates à définir). Elles seront la résultante d’un processus qui s’engage dès la rentrée.
Nous proposons d’organiser un Forum francilien de l’Eau  associant un département à une  thématique précise. Cette initiative serait portée en lien avec les associations locales qui possèdent des expériences et un savoir-faire pertinents, avec des chercheurs et des collectivités publiques qui ont la même exigence démocratique que nous. A cet égard, il faut signaler la présence d’Olivier Meïer, directeur du Festival de l’Oh ! du Conseil général du Val de Marne ou encore de Bernard Maurin, vice-président du conseil d’exploitation de la régie publique Eau des Lacs de l’Essonne.
Les formats et thèmes seront précisés avec tous nos partenaires.
Les premières propositions de forums de l’eau à ce jour sont :
75 (Paris) : Droit à l’eau/ accès à l’eau avec le Mouvement Utopia
77 (Seine et Marne) : préservation de la ressource eau avec le Collectif contre les gaz de schistes d’IDF
78 (Yvelines) : batailles pour la gestion publique avec l’AREP-CAMY, l’AGGLEAU, l’Eau Val-de-Seine…
91 (Essonne) : quel service public de l’eau ? avec le soutien de la régie Eau des lacs de l’Essonne
93 (Seine St Denis) : pouvoir de l’eau, démocratie, citoyenneté avec notamment le retour d’expérience d’Est Ensemble.
94 (Val-de-Marne) :
-eau et habitat collectif avec la FALC
-la redécouverte de la Bièvre avec Union Renaissance de la Bièvre
Autres propositions :
-atelier eau, jeunes, citoyenneté
-rencontre chercheurs et citoyens en novembre à Nanterre avec la Fondation France Libertés.
-espace pour les institutions dans les Assises sur les questions d’éducation à l’eau.
                                
Prochain rendez-vous pour caler définitivement notre calendrier francilien et la logistique adaptée : mardi 30 août à l’Espace « Comme Vous Émoi » à Montreuil (soirée).
L’inscription aux Assises commence dès maintenant avec  une  fiche d’inscription déjà remplie par l’ADEDE, Union Renaissance de la Bièvre, le Festival de l’OH !, la Compagnie Caribou, l’AREP-CAMY, la régie Eau des Lacs de l’Essonne, la FALC, ATTAC 94, le Mouvement Utopia… Les Amis de la Bièvre à Fresnes et l’ADEDE ont remis des documents présentant plus largement leurs activités et points de vue. Un site Internet en lien avec celui de la Coordination va être mis en place dans les prochaines semaines pour donner de la visibilité à tout ce processus.

De Créteil à Marseille – FAME 2012

« Avec la reconnaissance du droit à l’eau par l’Assemblée générale des Nations Unies, une nouvelle étape du combat pour que chaque être humain dispose d’eau en quantité et en qualité suffisantes est ouverte. Il s’agit maintenant de rendre ce droit effectif.
Les « solutions » proposées par les marchands d’eau et promues par le Forum mondial de l’eau depuis quinze ans, sont partout en échec. Elles ne résolvent pas le problème de l’accès à l’eau, ni celui de la préservation de la ressource. Pire, au nom du dogme du recouvrement total des coûts, elles accentuent les inégalités. La fuite en avant dans des technologies toujours plus sophistiquées et coûteuses évite de s’attaquer à la pollution généralisée de notre environnement.
A cette pensée unique, nous voulons substituer la pluralité des voix de l’eau, celles des femmes, des communautés locales, des associations, des élus, qui s’expriment avec de plus en plus de force dans le monde entier, à l’exemple du peuple italien avec le référendum. Au marché de l’eau, nous voulons substituer la pluralité des alternatives qui font appel aux savoirs traditionnels comme aux techniques innovantes, dans un rapport nouveau à la population. Alternative d’une gestion publique renouvelée, forte de la participation de la population et des salariés. Alternative écologique au modèle industriel de gestion de l’eau et de l’assainissement. Alternative politique aussi car comme dit le forum italien des mouvements de l’eau : « cela s’écrit eau, cela se lit démocratie ».
Il y a urgence à changer de modèle car avec le changement climatique de nouvelles menaces pèsent : sécheresses, inondations, mais aussi concurrence accrue entre les usages : la quête éperdue d’énergie pour préserver à tout prix la société de consommation risque d’épuiser  l’eau.
L’agriculture industrielle mondialisée génère 40% des gaz à effet de serre responsables de l’instabilité du climat. Très sensible au changement climatique, elle conduit à l’insécurité alimentaire. De plus, l’irrigation intensive et la pollution généralisée qui caractérisent l’agriculture industrielle aggravent encore la crise de l’eau et les inégalités rurales. Il est donc vital d’adopter d’autres modes de production agricole pour résoudre la crise de l’eau.
Nous appelons à participer au Forum alternatif mondial de l’eau, à Marseille en mars 2012, qui sera le grand rendez-vous des peuples de l’eau pour imaginer un autre monde et un autre avenir. »
* Déclaration adoptée lors de la journée de dialogue franco-indien du 17 juin 2011 à laquelle ont participé notamment : Vandana Shiva, Siddh  Nath Upadhyay, Esha Shah, Gabriel Amard, président de l’agglomération des Lacs de l’Essonne, Alain Boulanger, président de la FALC,  Jacques Cambon, ATTAC France, Claire Chanut du Collectif contre les gaz de schistes, Anne Le Strat, présidente d’Eau de Paris, Maurice Martin, président de l’AREP-CAMY, Jean-Claude Oliva, président de la Coordination Eau Île-de-France, Jacques Perreux, conseiller général et conseiller régional, Joseph Rossignol, vice-président du Conseil général du Val de Marne, Josiane Teissier, Coordination Eau bien commun PACA.

Succès historique pour l’eau en Italie!

C’est un succès historique pour les militants de l’eau du monde entier! Le référendum d’initiative populaire en Italie a obtenu une participation de 57% des inscrits, soit plus que les 50% nécessaires à sa validation : ce n’était pas arrivé depuis 1995 !

Plus de 95% des votants ont refusé la privatisation de l’eau et ils ont été aussi nombreux à refuser que des profits soient réalisés sur l’eau. Les tenants de la privatisation n’avaient pourtant pas manqué de leur expliquer qu’ils se trompaient, qu’en fait, il ne s’agissait pas de privatisation car la propriété des installations serait restée publique …comme en France ! Mais les Italiens n’ont pas été dupes, ils ont bien compris que confier la gestion d’un service public au privé, c’est bien une privatisation !

A l’heure de la victoire, il ne faut pas oublier les étapes du chemin et rendre hommage à la longue obstination de nos amis italiens. Les 1,7 millions de signatures recueillies pour obtenir le référendum. Les centaines de comités dans toute l’Italie regroupant citoyens, associations, salariés et syndicats des services publics, élus locaux, etc. Les deux manifestations monstres à Rome en mars 2010 et en mars 2011. Une dynamique citoyenne s’est construite depuis des années -on se souvient du Forum alternatif mondial de l’eau (FAME) à Florence en 2003- et a su trouver le soutien des forces de gauche comme de l’Eglise catholique, tout en s’affirmant de façon autonome avec le Forum italien des mouvements pour l’eau.

Et si nous suivions le chemin de nos amis italiens ? Et si nous étions capables de nous rassembler, de nous coordonner, citoyens, associations, salariés et syndicats des services publics, élus locaux, etc., pour constituer un grand mouvement pour l’eau en France et dans d’autres pays ? Et si le FAME en 2012 à Marseille cette fois, était le point de départ de ce mouvement ?

Remarquons enfin que la majorité absolue des électeurs italiens (plus 54% des inscrits) s’est prononcée pour la gestion publique de l’eau. Il n’y a pas de forces politiques capables de tels scores depuis bien longtemps en France et dans de nombreux pays européens! Cela donne la mesure de la légitimité politique du combat pour l’eau. Et l’eau a débordé et s’est mutuellement renforcée avec d’autres combats comme le rejet du nucléaire et le rejet de l’impunité de Berlusconi. Face à la désaffection qui frappe les institutions politiques, le combat pour l’eau montre la voie du renouveau !

Cette formidable maturité citoyenne mérite d’être entendue ! Il faut arrêter de jouer avec la démocratie et de décider à la place des citoyens des grandes questions publiques comme la gestion de l’eau ou le nucléaire. Il faut au contraire rendre la parole aux citoyens : exigeons que plus aucune privatisation, que plus aucune reconduction de délégation de service public, ne puisse se faire sans vote de la population !

un réseau qui réunit citoyens et associations autour de la ressource en eau en Île-de-France et sur tout le territoire français, sur tous les aspects: social, environnemental, économique, juridique, de la santé, culturel…