“ Pas de portes, pas de papier, pas de savon ” Décrié depuis des décennies, l’état des sanitaires dans les établissements scolaires s’est imposé au cœur des revendications lycéennes, les élèves y voyant le symbole de conditions d’étude dégradées.

Au mégaphone, sur leurs pancartes ou au micro des médias, des lycéens à travers la France placent très haut dans leur liste de griefs ce manque de sanitaires et de propreté depuis le début des blocus.
Moisissures, peinture décollée, tuyaux rouillés… Au lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, les WC portent les marques de la vétusté des lieux, à en croire des vidéos tournées par une enseignante et visionnées par l’AFP.
Loin d’être une préoccupation anecdotique, le délabrement des toilettes scolaires cristallise chez les adolescents un sentiment de mépris, en particulier dans les quartiers populaires où les élèves dénoncent un cumul des difficultés. “ C’est quand même notre confort intime ”, relève Kamelia, en terminale à Paul-Eluard. Devant ce même établissement, une mère d’élève confie, désabusée :“ Ma fille rentre à la maison tous les midis pour aller aux toilettes. ”
Le manque de sanitaires est aussi la doléance principale pour Nayla, 16 ans, en lycée professionnel à Bondy. “ Il n’y a que deux toilettes pour plein plein d’élèves ! ”, dit-elle, avant d’énumérer tout ce qui ne va pas par ailleurs et de conclure : “ En banlieue, la société nous rejette en nous mettant dans des lycées qui laissent à désirer, en manque d’hygiène, en manque de profs… ”.