Le comité de bassin Seine-Normandie a adopté l’état des lieux du bassin le 9 décembre 2025. Réalisé selon les règles de la Directive-cadre sur l’eau (DCE), ce diagnostic restitue l’état actuel des cours d’eau, nappes, milieux littoraux et zones humides du bassin sur la base de 12 millions de données collectées sur l’ensemble de ces milieux. Il étudie également comment les pressions sur ces milieux ont évolué, et comment l’état des milieux pourrait évoluer d’ici 2033, si aucune action supplémentaire de restauration n’était prévue.

Un recul global de la qualité qui appelle à renforcer l’action
24 % des cours d’eau atteignent aujourd’hui le bon état écologique, contre 32 % en 2019. Les eaux marines du littoral normand se dégradent également, avec notamment des déséquilibres croissants dans la chaîne alimentaire. Ces résultats traduisent les effets cumulatifs des pressions d’origine agricole, des rejets urbains et industriels, des altérations physiques et des impacts croissants du changement climatique. 26 % des nappes souterraines sont en bon état chimique. A règles d’évaluation constantes, 33 % le seraient, contre 30 % en 2019. 84 % sont en bon état quantitatif, contre 93 % en 2019.
Des améliorations locales ou ciblées
L’état des lieux révèle cependant des évolutions encourageantes : 17 % des cours d’eau montrent une amélioration de leur état écologique entre 2019 et 2025, même si cela ne suffit pas toujours à atteindre le bon état tel que décrit par la directive cadre sur l’eau. Notons également que 300 km de linéaire de cours d’eau supplémentaires sont accessibles aux poissons migrateurs depuis 2019, pour atteindre un total de 1 300 km. Des améliorations sont par ailleurs enregistrées sur certains paramètres de qualité depuis plusieurs décennies.
Une connaissance renforcée, au-delà du cadre réglementaire
L’intégration progressive des petits cours d’eau, à l’amont des bassins versants, dans les campagnes de mesures, ainsi que l’amélioration des capacités d’analyse des laboratoires, permettent aujourd’hui de couvrir l’ensemble des milieux et de connaître des pressions jusqu’alors non suivies. En parallèle de l’exercice réglementaire, l’agence de l’eau suit des substances non prises en compte dans l’évaluation européenne actuelle : résidus médicamenteux, microplastiques, et 22 PFAS recherchés dans les organismes aquatiques en estuaire, alors que seul le PFOS est intégré dans l’évaluation réglementaire. Cette connaissance anticipée éclaire les résultats, révèle des contaminations émergentes et prépare les futures évolutions du cadre européen.
Agir dans tous les domaines pour obtenir des résultats
Si la politique de l’eau produit des effets positifs sur l’état de la ressource en eau dans son milieu naturel, cela n’est pas suffisant pour progresser à bon rythme et atteindre l’objectif de retrouver le bon état général de cette ressource. L’analyse des pressions montre en effet que les activités humaines liées à l’urbanisme, aux déplacements, à l’agriculture, dégradent la qualité des eaux plus vite que les actions volontaristes menées pour la restaurer. Le changement climatique à l’oeuvre vient aggraver ces effets.