Voici les réponses d’Elsa Marcel pour la liste Reprendre Saint-Denis Pierrefitte aux politiciens professionnels.

Etes-vous favorable à une gestion 100% publique de l’eau potable, de l’assainissement et des eaux pluviales ?
Oui.
Nous défendons une gestion intégralement publique de l’eau potable, de l’assainissement et des eaux pluviales, placée sous le contrôle direct des travailleurs du secteur et des usagers. Cette gestion doit s’inscrire dans une politique d’investissements massifs dans l’ensemble des services publics.
Nous sommes également pour la nationalisation des grandes entreprises du secteur, comme Veolia et Suez, sous contrôle des travailleurs et des usagers. L’eau ne doit plus être une source de profits pour des multinationales, mais un bien commun géré collectivement.
Etes-vous prêt.es à sortir du SEDIF pour créer une régie publique de l’eau pendant la prochaine mandature ?
Oui.
Comme les manifestations de 2020, suite à la décision de Mathieu Hanotin de faire réadhérer les neufs villes du territoire au SEDIF, qui délègue la gestion de l’eau à Veolia.
Nous sommes favorables à une sortie du SEDIF dès lors qu’elle permet une reprise intégralement publique de la gestion de l’eau. Cette sortie ne doit pas être un simple changement de structure administrative, mais l’occasion d’engager une véritable réappropriation collective du service.
Etes-vous favorable à la participation de citoyen.nes aux instances de gestion de l’eau et à l’instauration d’assemblées de l’eau pour aborder ensemble tous les sujets liés à l’eau, du climat à l’eau en bouteille en passant par les fontaines publiques ?
Nous revendiquons bien davantage qu’une participation symbolique dans des assemblées consultatives. Nous défendons un contrôle réel et entier par les usagers et les travailleurs du secteur, de la captation à la distribution.
Il s’agit de donner un pouvoir décisionnel à celles et ceux qui produisent, entretiennent et utilisent l’eau au quotidien, et non de se limiter à des dispositifs participatifs sans portée contraignante.
Etes-vous favorable à une tarification qui reste accessible à tous.tes et valorise la sobriété ? Quelles mesures (tranche gratuite, abonnement ou non, progressivité, tarif différencié selon les types d’usages) souhaiteriez-vous mettre en place plus précisément ?
L’accès à l’eau est un droit fondamental
Nous sommes pour la gratuité de l’eau pour tous les particuliers, ainsi que pour la fin immédiate des coupures d’eau pour impayés.
En revanche, nous défendons une forte progressivité tarifaire pour les volumes destinés à un usage industriel, afin que les secteurs industriels notamment agroalimentaires, assument pleinement leur responsabilité.
Etes-vous prêt.es à soutenir publiquement et à participer à des initiatives pour l’interdiction de la production et de l’utilisation des PFAS, pour l’arrêt d’utilisation des pesticides et pour une protection renforcée des aires d’alimentation de captages ?
Nous sommes pour l’interdiction totale des PFAS et l’arrêt des pesticides. Cette interdiction doit s’accompagner d’un contrôle des travailleurs sur les produits qui entrent et sortent des sites de production.
Etes-vous prêt.e à mettre en place et exiger des contrôles supplémentaires sur des composants non testés jusqu’à présent ?
Elle devrait être imposée par des comités regroupant travailleurs, riverains, scientifiques et personnels de santé, chargés d’élaborer un diagnostic sanitaire et environnemental précis des pollutions.
Nous exigeons également que les entreprises responsables ouvrent l’ensemble de leurs archives et de leurs documentations internes, afin qu’un inventaire complet des dégâts causés puisse être établi.
Nous soutenons toutes les luttes qui vont dans ce sens, qu’il s’agisse des mobilisations contre les usines de pesticides ou des combats menés contre les scandales sanitaires liés aux pollutions chimiques, du blocage de l’usine pesticides BASF en Seine-Maritime aux luttes contre le Chlordécone en Martinique.
Pour l’eau dans la ville
Nous sommes favorables à la désimperméabilisation des sols, à la renaturation et à une meilleure gestion des eaux pluviales.
Cependant, ces transformations ne doivent en aucun cas servir de levier à l’augmentation des loyers, à la destruction de l’habitat social ou à une offensive contre les quartiers populaires dans le cadre de processus de gentrification.
Les projets d’aménagement doivent être pensés et réalisés sous le contrôle direct des habitants, en priorité dans l’intérêt des classes populaires.
Etes-vous favorable à l’organisation d’Etats généraux de l’eau à l’échelle de l’Ile-de-France avec tous les acteurs (Etat, collectivités, entreprises, associations…) pour préparer ensemble l’avenir de l’eau en termes de quantité et de qualité ?
Nous sommes favorables à des États généraux de l’eau en Île-de-France, à condition qu’ils ne soient pas compris comme une concertation technocratique.
Ils doivent ouvrir un débat large sur l’eau, l’écologie, l’agro-industrie et l’organisation globale de la production. Ce débat doit être public et porté en priorité par les travailleurs manuels de ces secteurs — y compris industriels — et par celles et ceux qui sont engagés dans des luttes sociales et écologiques, notamment les personnes ayant lutté contre les méga bassines à Sainte-Soline qui ont montré la voie de victoires possibles contre des géants comme InVivo.
Etes-vous prêt.es à participer à des campagnes de sensibilisation et d’information et à prendre des mesures de restriction en cas de sécheresse pour les usages non vitaux de l’eau ?
Nous défendons la protection absolue des besoins domestiques des classes populaires, dont la consommation représente une part minime comparée à celle des classes les plus aisées et des grandes industries.
Les restrictions doivent cibler en priorité les usages industriels non essentiels et les secteurs qui surconsomment l’eau dans une logique de profit.