Pour le maintien de la directive-cadre sur l’eau

Le Mouvement européen de l’eau (EWM) et de nombreuses organisations demandent le maintien de la directive-cadre sur l’eau après l’annonce de sa révision par la Commission européenne le 10 décembre lors de la conférence de presse sur le paquet omnibus environnemental. Communiqué du Mouvement européen pour l’eau, vidéo de Pedro Arrojo Agudo, rapporteur spécial des Nations Unies pour l’eau et communiqué du Réseau Fleuves et Rivières d’Europe.


Le week-end dernier, du 5 au 7 décembre, Gérone (Espagne) a accueilli la réunion annuelle de l’EWM. L’un des objectifs était d’analyser les propositions visant à déréglementer les cadres légaux de l’Union européenne en matière de gestion de l’eau, tant en termes de dérogations que de financement.

« Sans ce cadre juridique commun, toute garantie du bon état écologique et chimique des masses d’eau de l’Union européenne disparaît », avertissent les membres de l’EWM. La directive-cadre sur l’eau est le pilier essentiel de toute la politique européenne de l’eau, c’est pourquoi ils appellent les députés européens à défendre le règlement et ses normes actuelles.

L’EWM dénonce la dérive de la Commission européenne, qui « cède aux lobbies miniers et industriels dont les intérêts particuliers menacent le droit à un environnement sain et la santé publique de toutes et tous les européen.nes ». Les organisations soulignent que la Commission européenne a réaffirmé à plusieurs reprises son soutien au droit humain à l’eau et à l’assainissement, à la suite des près de 2 millions de citoyens qui ont soutenu la première initiative citoyenne européenne (ICE Right2Water) appelant à la reconnaissance du droit à l’eau.

Ces déclarations font suite à celles de la Commissaire européenne chargée de l’environnement, de l’eau et de l’économie circulaire, Jessika Roswall, qui a déclaré la semaine dernière que la révision de la Directive-cadre sur l’eau répondait à l’objectif de faciliter l’ouverture de mines sur le territoire européen afin de mettre fin à la dépendance vis-à-vis de la Chine et des États-Unis. Elle vise également à accélérer les projets considérés comme stratégiques pour la Commission, tels que les datas centers.

L’EWM établit un lien entre le backlash environnemental orchestré par la CE et son plan de réarmement et son projet apparent de compétitivité dans la course mondiale pour dominer les secteurs industriels technologiques tels que l’intelligence artificielle. « Il convient de rappeler que la conséquente consommation d’eau et d’énergie de l’IA est encore inconnue, ce qui devrait dissuader la CE de supprimer les procédures d’évaluation et d’impact environnementaux, en particulier dans les régions du monde touchées par une pénurie d’eau permanente », dénoncent les membres de l’EWM.

La révision potentielle de la DCE intervient quelques années seulement après que la CE ait procédé à une évaluation de la directive, concluant qu’elle était adéquate pour atteindre les objectifs communs de protection de l’eau et de la santé.

Ces déclarations font suite à l’annonce faite la semaine dernière par Jessika Roswall, commissaire européenne chargée de l’environnement, de l’eau et de l’économie circulaire, de la révision de la directive-cadre sur l’eau 

La révision potentielle de la DCE intervient quelques années seulement après que la CE ait procédé à une évaluation de la directive, concluant qu’elle était adéquate pour atteindre les objectifs communs de protection de l’eau et de la santé.

Des organisations d’Espagne, de France, d’Italie, des Pays-Bas, d’Allemagne, de Grèce, de Bosnie-Herzégovine, de Belgique et de Serbie se sont réunies et ont convenu de donner la priorité à la protection de la Directive-cadre sur l’eau pour 2026. Parmi les participants figuraient des opérateurs publics, des administrations locales et le Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’eau potable et à l’assainissement.

                                 

Les organisations signataires: Ayuntamiento de Girona, Diputación de Barcelona, Ayuntamiento del Masnou, Ayuntamiento de Torelló, Ayuntamiento de Viladrau, Institut Català de Recerca en Aigua (ICRA), Institut de Ciència i Tecnologia Ambiental (ICTA-UAB), Centre de Recerca Ecològica i Aplicacions Forestals (CREAF), CAEB-CSIC, CT BETA UVic, LEQUIA – UdG, Wageningen University, Asociación Española de Operadores Públicos de Agua y Saneamiento (AEOPAS), Aqua Publica Europea (APE), Associació de Municipis per l’Aigua Pública (AMAP), Cicle de l’Aigua del Ter SA (CATSA), Consorci per a la Gestió Integral d’Aigües de Catalunya (CONGIAC), Consorci de Medi Ambient i Salut Pública SIGMA, Castelló d’Empúries 2000 SA, Gestió Urbanística i Serveis Arenys de Munt SA, Aigües Municipals de Xàbia (AMJASA), EYATH SA, Observatori de l’Aigua de Terrassa (OAT), Mesa Social del Agua, European Environmental Bureau (EEB), Ingeniería Sin Fronteras (ISF), Aigua és Vida, Plataforma en Defensa de l’Ebre (PDE), Grup de Defensa del Ter (GDT), Càritas Girona,  Naturalistes de Girona, Observatori del Deute en la Globalització, European Public Services Union (EPSU), The Netherlands Trade Union Confederation (FNV), Red Agua Pública (RAP), Plataforma Contra la Privatización del Canal Isabel II, Foro Italiano dei Movimenti per l’Acqua, ENDA Colombia, Eau Secours 31, Coordination EAU Île-de-France, Water Observatory Xabia, Water Observatory Terrassa, Water Observatory Girona, CEE Bankwatch Network y Polekol/Pravo na Vodu.

Voir l’alerte du Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme à l’eau et à l’assainissement


Décision imprudente de la Commission Européenne de vouloir réviser la Directive Cadre Eau d’ici le deuxième trimestre 2026

Dans un revirement choquant pour l’environnement européen, la Commission européenne s’est engagée à revoir et à réviser la directive-cadre sur l’eau d’ici le deuxième trimestre 2026 dans le cadre du plan d’action RESourceEU, afin de promouvoir « l’accès aux matières premières essentielles dans l’UE ».

Cette annonce intervient peu après les pressions du lobby minier EuroMines, qui demandait plus de dérogations et des délais prolongés dans l’application de la DCE.
Les ONG, réunies dans Living Rivers Europe, dénoncent une décision imprudente qui risque de compromettre la protection des ressources en eau, affaiblirait la protection des rivières et des zones humides, au profit du lobby minier. Living Rivers Europe rappelle que la DCE est un pilier essentiel de la protection de l’eau en Europe, confirmé par une évaluation récente, et exigent que toute révision repose sur des preuves scientifiques solides plutôt que sur les intérêts de quelques industries polluantes.
L’exploitation minière entraîne une contamination sévère des eaux par les métaux lourds, mettant en danger la faune aquatique et la qualité de l’eau potable.
La révision est perçue comme une concession aux industries extractives, au détriment des citoyens et de l’environnement. Elle crée un dangereux précédent de modification hâtive des lois sans évaluation scientifique ni contrôle démocratique.
Rappel historique :
o La DCE, adoptée il y a 25 ans, est la pierre angulaire de la protection de l’eau en Europe.
o En 2019, une évaluation approfondie avait conclu que la directive était moderne et adaptée, nécessitant surtout une meilleure mise en œuvre.
o Tout récemment, la liste des polluants des eaux de surface a été actualisée et deux nouvelles exemptions ont été introduites pour répondre aux demandes de certaines industries.

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