Retour en régie à la Martinique

Depuis des décennies, 80% des 400 000 habitants de la Martinique étaient desservis par un délégataire privé pour l’eau et l’assainissement. Une société au label faussement local, la « Société Martiniquaise des Eaux », détenue à 100% par la Lyonnaise des eaux et  qui n’a de Martiniquais que le nom. Les élus martiniquais sont arrosés depuis 60 ans par cette eau distribuée selon un modèle de DSP ( Délégation de Service Public) et a consisté pour cette société un marché juteux. Sur le territoire, l’eau est l’une des plus chères de France, malgré la qualité plutot bonne de la ressource encore protégé des pesticides. Les eaux distribuées en Martinique proviennent principalement des zones volcaniques montagneuses couvertes de forêts tropicales luxuriantes.

Le 28 février 2014, les élus de la Communauté d’Agglomération du Centre de la Martinique (CACEM) ont voté le retour en régie sur l’ensemble du territoire des 4 communes membres ( Fort de France – Lamentin – Saint Joseph – Schoelcher) qui représente 50% de la population de la Martinique. Ce retour fracassant en régie est motivé par une décision politique prise en 2003 lors de la création de cette communauté d’agglomération.

La régie de la CACEM, ODYSSI, est un établissement public qui s’est développé dans l’ombre des sociétés privées depuis 2004. Petite régie issue  de la dissolution de la régie des eaux de fort de france et d’un syndicat d’assainissement (le SIAFOS), cet établissement public a montré sa capacité à résister aux assaut des majors de l’eau. Les élus et le personnel ont montré qu’une régie pouvait se développer, se moderniser et toujours être au service des usagers pour un tarif toujours optimisé.

ODYSSI est aujourd’hui partenaire de Aqua Publica Europea, de la FNCCR, travail en synergie avec le SDAE du bas Rhin, la régie des eaux de Paris et l’Université des Antilles Guyane.

Les objectifs d’ODYSSI: l’eau un bien commun à gérer en transparence, avec responsabilité et ouverture sur le monde caraibéen.

Source: le blog de Jean-Max Coranson-Beaudu

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