Dans le cadre d’un dispositif local d’accompagnement (DLA), notre association a précisé ses valeurs, ses objectifs et ses moyens d’action.

1.Préambule : le monde de l’eau
Commun par excellence de la vie et des sociétés humaines, l’eau est à la fois un fait biologique et un fait social.
- La plupart des formes de vie, dont l’être humain, sont très majoritairement constituées d’eau.
- L’eau est à la base de l’organisation de la société et de la ville : la proximité ou l’éloignement du cours d’eau, l’accès à l’eau propre conditionnent l’installation et le type d’habitat et nécessitent de s’entendre collectivement pour mobiliser des ressources matérielles et humaines importantes.
2.L’eau n’a pas de prix mais nous avons des valeurs
L’eau publique : l’eau n’est pas une marchandise, ni un bien économique.
L’eau citoyenne : ça s’écrit eau, ça se lit démocratie ! Les citoyen·nes doivent être parties prenantes des décisions.La gestion de l’eau doit rester locale et non étatique et sortir de « la citadelle technique ».
L’écologie : rétablir les cycles de l’eau, retrouver la qualité de l’eau dans l’environnement, est indispensable pour éviter le chaos climatique, pour sauver la biodiversité et pour donner un avenir à l’humanité. Des solutions fondées sur la nature plutôt que la fuite en avant techno-solutionniste.
Le droit humain : un sujet politique complet qui recouvre à la fois l’accès matériel à l’eau et à l’assainissement mais aussi l’information, le fait de décider ensemble.
3. Une association qui est comme l’eau
Nous sommes l’eau qui s’agite et qui circule. Nous utilisons différents modes d’action, avec différentes organisations (associations, collectifs, collectivités) et différents publics, en jouant la complémentarité et la bienveillance entre tous.tes. Nous visons une construction collective où chacun.e trouve sa place.
Avec agilité et inventivité, nous cherchons à susciter des vagues citoyennes face aux intérêts privés et aux pouvoirs dominants.
La Coordination EAU Île-de-France est à la fois une association réseau qui regroupe des personnes physiques et morales, et l’expression du mouvement de l’eau, dans sa diversité et au-delà de ses forces organisées.
4.Ce que porte la vague citoyenne
Depuis 2010, en Île-de-France, plus de 70 villes sont revenues en gestion publique de l’eau. Notre association est reconnue comme le fer de lance de ce mouvement de fond. Nous entrons maintenant dans une seconde phase : la réappropriation publique de la production de l’eau potable, encore aux mains des multinationales.
La qualité de l’eau potable est menacée par de nombreux micropolluants. Sa reconquête passe par le développement de l’action préventive en faveur de la qualité de l’eau dans l’environnement. Eau potable et eau dans l’environnement, social et écologie, sont étroitement liés dans cette lutte.
La reconnaissance du droit humain à l’eau reste un horizon pour notre action. Nous favorisons en même temps toutes les avancées concrètes pour les usager.e.s comme la gratuité de l’eau pour la vie.
Restaurer les cycles de l’eau pour faire face au changement climatique, développer la place de l’eau dans la ville, ralentir le flux de l’eau pour lui laisser le temps de s’infiltrer et de s’évaporer sont au cœur de nos projets pour les années à venir.
De nombreux.ses citoyen.ne.s font l’expérience de la gestion de l’eau, notamment avec les nouvelles régies publiques. Il s’agit à présent de renforcer la capacité des citoyen·nes et des élu·es à décider.
Enfin nous voulons développer une nouvelle culture de l’eau, un nouvel imaginaire, le nouveau récit de la vague citoyenne.
5.Nos bons tuyaux pour l’action
Nos actions se développent à plusieurs échelles : locale, régionale, nationale (du fait de notre localisation dans la capitale) et internationale. Il s’agit de :
-Réaliser une veille d’actualité sur les questions liées à l’eau ;
-Sensibiliser et informer les citoyen·nes ;
-Construire des plaidoyers ;
-Coordonner, mobiliser, organiser et participer à des actions, des luttes, des projets collectifs ;
-Former les citoyen.ne.s, les élu.e.s, les associations ;
-Étudier, expérimenter avec des sciences participatives, des voyages d’études, des ateliers, de la recherche-action, etc.
-Susciter des recours juridiques ;
-Développer l’intervention artistique et culturelle ;
Et tout ce que vous proposerez !