Malgré les inquiétudes concernant le risque de pollution des nappes phréatiques et l’impact sur la biodiversité, les pouvoirs publics viennent de confirmer officiellement leur soutien à l’extension de la concession de Bridge Energies, en lisière de la forêt de Fontainebleau. Extrait d’un article d’Anaïs Moran publié le 23 octobre dans Libération.

L’Etat ne lâche pas le projet. Malgré les obstacles judiciaires et la levée de boucliers citoyenne, la société Bridge Energies, qui se présente comme la plus petite compagnie pétrolière française et rêve d’agrandir sa concession de Nonville, en Seine-et-Marne, peut compter sur le soutien des autorités. Près de deux ans après lui avoir délivré une autorisation de forage pour deux nouveaux puits de pétrole, invalidée par le tribunal administratif de Melun pour irrégularités, le préfet du département, Pierre Ory, a, selon nos informations, signé le 15 octobre un arrêté complémentaire et correctif qui pourrait permettre à cette expansion de se concrétiser.
«Suite aux échanges avec le porteur de projet, celui-ci a été en mesure d’apporter à l’administration des compléments sur l’ensemble des points relevés par le tribunal administratif», justifie la préfecture de Seine-et-Marne, auprès de Libération.Egalement sollicités, ni le cabinet de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, ni celui du ministre délégué Mathieu Lefèvre, en charge du dossier au gouvernement, n’ont répondu.
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Bridge Energies possède une unique concession pétrolière, celle de Nonville, sur la soixantaine que compte actuellement la France. A l’origine, en 1959, c’est Elf Aquitaine qui avait commencé à exploiter le gisement de ce site implanté en pleine zone rurale, à 5 kilomètres environ au sud de la forêt de Fontainebleau. Bridge Energies a repris les rênes en 2009, obtenant le droit d’exploiter la concession jusqu’en 2034. Comme l’avait dévoilé Libération en 2024, cette société, qui opère actuellement trois puits de pétrole vieillissants (dont un seul fonctionne à plein régime, dit-elle), a été autorisée par un arrêté préfectoral du 30 janvier 2024 à en forer deux nouveaux. Ces derniers doivent permettre d’augmenter d’au moins 16 m³ la production quotidienne de pétrole brut – soit quasiment le double du volume actuel. La compagnie prévoit que la matière extraite soit acheminée par camion-citerne jusqu’aux raffineries normandes du Havre.
Grâce au feu vert de l’Etat, l’entreprise, qui exploitait jusqu’ici 10 km² de gisement d’hydrocarbures, pourrait désormais étendre sa concession sur 43 km² supplémentaires (un décret gouvernemental acte d’ailleurs cette extension).
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