PFAS: un scandale sanitaire et social

Mise sous pression par les associations et les collectivités, l’Agence régionale de santé (ARS) réagit enfin et annonce des mesures contre les PFAS dans le Rhône. Mais il s’agit seulement d’améliorer les traitements de l’eau potable, au frais des usagers. Aucune action contre les sources industrielles de pollution n’est envisagée.

Depuis la mise à jour en mai 2022 des PFAS, polluants dits « éternels », dans la vallée de la Chimie, enquêtes journalistiques et rapports d’ONG ou d’institutions s’accumulent et confirment la dangerosité, la persistance et l’omniprésence de ces polluants en France. Les recours en justice de citoyens, de villes et d’associations se sont également multipliés. Le 16 novembre 2023, le premier référé pénal a été rejeté. La décision d’appel est attendue début 2024 (Lire ici).

La montée en puissance des actions conduit enfin l’Agence régionale de santé (ARS) à réagir et à publier un plan d’action (voir en lien ci-dessous les articles du Monde et de  France 3 Auvergne Rhône Alpes). Mais les mesures annoncées sont très décevantes: pas de limitations des rejets polluants industriels, pourtant bien connus. Aucune action préventive, tout est dans le curatif!

Les pollués payeurs

L’Etat se défausse donc sur les collectivités et ne demande rien aux pollueurs. Les mesures consistent à sommer les collectivités et leurs services publics de l’eau de mettre en œuvre des traitements plus sophistiqués:  charbons actifs ou interconnexion entre plusieurs réseaux pour diluer la pollution. Tout cela a un coût important qui va se retrouver sur la facture d’eau des usagers. Au scandale sanitaire s’ajoute un scandale social.

« Polluants éternels » : plus de 160 000 habitants reçoivent des eaux avec des taux élevés en Auvergne-Rhône-Alpes

L’agence régionale de santé a rendu publics lundi 15 janvier des résultats d’analyses et demandé des mesures correctives à la cinquantaine de communes concernées.

Les eaux destinées à la consommation de 166 000 habitants de la région Auvergne-Rhône-Alpes comportent des substances per- et polyfluoroalkylées (les PFAS), ces « polluants éternels », à des taux supérieurs au seuil de référence européen, selon les résultats d’analyses publiés, lundi 15 janvier, par l’agence régionale de santé (ARS). La consommation de ces eaux n’est pas interdite mais l’ARS a, pour la première fois, demandé des mesures correctives à la cinquantaine de communes concernées, situées pour la plupart dans la vallée de la chimie au sud de Lyon.

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Polluants éternels : après un an et demi d’analyses sur les PFAS, l’ARS passe en « phase active »

Bilan, après plus d’un an de recherches, de la contamination aux substances per- et polyfluoroalkylées dans l’eau potable. Sans surprise, toute la vallée du Rhône est concernée, mais l’Agence régionale de santé est enfin en mesure d’exiger des solutions de la part des collectivités. Par Emilie Rosso.

Et si le dossier des polluants éternels venait de franchir un nouveau cap ? C’est en tout cas l’impression que donne l’Agence régionale de santé, ce lundi 15 janvier, en publiant les résultats de plus d’un an d’analyses sur les PFAS dans l’eau potable en Auvergne-Rhône-Alpes. Elle annonce la conduite d’un « plan d’action » au niveau régional.

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En octobre dernier, une réunion interministérielle a abouti à une ligne directrice claire : au-delà de deux dépassements de la norme européenne sur un an, la collectivité en charge de la gestion de l’eau potable doit proposer un plan d’action sous deux mois et faire réaliser les travaux dans les trois ans. 

« Les solutions sont en général de deux types : c’est soit le traitement par charbon actif, qui se révèle très efficace, les charbons absorbant les PFAS qui ne se retrouvent plus de ce fait dans l’eau qui est distribuée à la population, soit un système d’interconnexion« , détaille encore Aymeric Bogey, de l’ARS. « En se connectant à d’autres réseaux d’eau, on peut ou diluer la ressource, voire se priver du captage problématique« .  

“L’eau paye l’eau”

Charge, donc, à la collectivité de trouver la meilleure solution… Et de payer la facture. « Le principe général, c’est que l’eau paye l’eau« , admet Christel Lamat, responsable régionale des eaux à l’ARS. Si des pistes de subventionnement sont actuellement « en cours d’étude« , c’est au gestionnaire de l’eau potable qu’il incombera d’investir et aux usagers d’assumer l’augmentation du prix de l’eau.  

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