Placoplatre à Vaujours: vigilance pour la pollution des eaux

Pour approvisionner son usine voisine, premier site européen de transformation de gypse en plâtre, Placoplatre souhaite exploiter une carrière à ciel ouvert sur le site du Fort de Vaujours, en Seine-Saint-Denis. L’Autorité environnementale invite à réfléchir aux alternatives. Une enquête publique est ouverte depuis le 14 novembre jusqu’au 23 décembre. Un article publié par 93citoyens.com

Avec la création d’une carrière à ciel ouvert, Placoplatre compte ainsi extraire pas moins de 7,4 millions de tonnes de gypse sur un site d’une surface totale de 27,8 hectares qui s’étend sur les communes de Vaujours et de Coubron.

Prévue pour une durée de 30 ans, son exploitation permettra d’approvisionner l’usine située à 250 mètres de la partie de la carrière faisant l’objet de la demande d’autorisation environnementale. Soit un périmètre comprenant le secteur du lieu-dit “Le bois d’Aiguisy”, correspondant à l’ancienne carrière souterraine “Aiguisy”, et celui dit du “Parc aux bœufs” couvrant une partie des anciennes installations constituant l’ancien fort militaire de Vaujours. Ce périmètre ne concerne que la première phase d’un projet plus vaste. Une deuxième phase prévoit d’exploiter les terrains de la commune de Courtry et une dernière ceux du fort central de Vaujours.

L’Autorité environnementale appelle à la vigilance sur le pollution potentielle des sols

Si la mission régionale d’autorité environnementale d’Ile-de-France (MRAe) estime que l’étude d’impact “est de bonne qualité dans son ensemble“, elle relève néanmoins des insuffisances. Ses recommandations portent notamment sur les enjeux de la pollution potentielle des eaux superficielles et souterraines, ainsi que des sols, en particulier due aux activités conduites par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) entre 1955 et 1997; ou encore des incidences écologiques du projet.

Localisation du projet (source : p.39 Tome 1 « Demande d’autorisation environnementale »)

Solutions alternatives?

En tête des recommandations de l’Autorité environnementale invite à analyser “des solutions de substitution en intégrant les projections des réserves adjacentes éventuellement exploitables, notamment pour justifier le choix d’une exploitation à ciel ouvert par rapport à une exploitation souterraine.”

Placoplatre justifie pour sa part cette solution par la nécessité d’anticiper la fin de l’exploitation d’une carrière souterraine localisée sur les territoires des communes de Coubron, Livry-Gargan et Vaujours.

L’entreprise écarte par ailleurs la possibilité d’une alimentation de l’usine par le recyclage de plâtre présent dans les chantiers de démolition, mais surtout la possibilité d’une exploitation souterraine “au motif que ces modalités feraient perdre près de huit ans de réserves pour l’usine et que les travaux préparatoires déjà menés l’ont été pour une exploitation à ciel ouvert.”

Un argument que réfute l’association Environnement 93, qui note que: “Depuis que le projet de Placoplatre sur le Fort de Vaujours a été déclaré, les associations ont demandé que démolitions des infrastructures, dépollution du site, exploitation du gypse, remise en état après exploitation soient un seul et même projet. Placoplatre doit assumer aujourd’hui les aléas de ce “saucissonnage.”

Environnement 93 note au passage que “le dossier déposé (…) pour obtenir l’autorisation d’exploiter (…) n’est pas plus documenté que les arguments développés en concertation. Cela pose ainsi la pertinence d’une concertation [démarré fin 2018 par Placoplatre] qui n’a pas fait évoluer le projet d’un seul centimètre.”

La MRAe recommande également de “mentionner que les émissions totales de gaz à effet de serre dans le cadre d’une exploitation du projet en souterrain, uniquement, s’élèvent à environ 37 000 tonnes équivalent dioxyde de carbone” et, en conséquence, de “proposer des éléments permettant de justifier l’exploitation de la carrière à ciel ouvert au regard des émissions totales de gaz à effet de serre et à défaut proposer des mesures compensatoires.”

Voir le dossier d’enquête

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