Peu de pluies à l’horizon : la sécheresse perdure avec des conséquences sur les captages d’eau potable et les cours d’eau. Par Dominique Nalpas, Etats généraux de l’eau à Bruxelles (EGEB)

Voici ce qu’écrit Vincent Merckx sur le site de VRTNews : « La Belgique s’apprête à connaître la période la plus sèche depuis les années 1970. C’est ce qu’annonce l’IRM après l’un des étés les plus secs depuis le début des relevés. Aucune pluie significative n’est prévue pour les semaines à venir, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la production d’eau potable. Ainsi, Vivaqua, qui alimente Bruxelles en eau potable, devra probablement réduire sa production pour la deuxième fois depuis juillet dans un important centre de production situé sur les rives de la Meuse. »
Nous n’écrivons pas souvent sur la question de l’eau potable, sauf notamment lorsque nous nous exprimons au sujet des Plans de gestion de l’eau. Nous percevons aussi que nous avons moins de prises sur cette question très institutionnalisée, très technique et dont les conventions sont très régulées, avec déjà pas mal de débats sur le prix de l’eau, sur son accès, etc. Tout semble si solide sous la protection de notre inter-communale historique qui amène dans chacune de nos maisons ce précieux liquide vital à un prix qui reste somme toute encore raisonnable pour un grand nombre d’entre nous (pas tout le monde).
Mais cette question nous revient dans cette période où les effets du dérèglement climatique nous touchent en tant qu’êtres vivants complètement liés à la question de l’eau.
L’eau potable qui nous vient pour sa plus grande partie du bassin de la Meuse ne pourra plus être produite [1] dans les mêmes quantités : c’est la Région Wallonne qui signale à Vivaqua cette nécessité de réduction. D’une certaine manière, le SPW le signale à nous toustes.
« 80 % du territoire connaît un déficit pluviométrique. Plus on descend vers le sud, plus ce déficit est marqué. Seules quelques régions reculées de la Flandre occidentale et du Limbourg bénéficient de précipitations plus ou moins normales. Prenons l’exemple d’Uccle : on y prévoit cette mois-ci entre 21 et 22 millimètres de pluie. La normale est de 65 millimètres. » rappelle l’article de la VRT.
À court terme, aucune amélioration n’est en vue. Nous ne prévoyons pas de précipitations importantes avant au moins la mi-octobre. Il se pourrait même que nous devions attendre novembre est-il ajouté.

L’eau potable à Bruxelles
Cela a des répercussions sur l’approvisionnement en eau potable, en premier lieu à Bruxelles. Vivaqua, qui alimente en eau potable Bruxelles ainsi que certaines communes wallonnes et flamandes, devra probablement réduire encore davantage sa production d’eau au centre de captage de Profondeville. C’est ce qu’a indiqué le SPW, le service public wallon chargé des infrastructures publiques, à la chaîne publique francophone RTBF. « Le captage de Tailfer (à Profondeville) fournit, grâce à l’eau de la Meuse justement, près d’un tiers de l’eau distribuée à Bruxelles. Mais son gestionnaire, Vivaqua doit limiter les quantités d’eau puisées depuis mi-juillet. Et si les précipitations ne reviennent pas, les restrictions pourraient être renforcées. »
Nous n’entrerons pas dans les détails ici et nous vous laisserons à la lecture ou au visionnage de ces deux reportages sur la VRT ou la RTBF.
Vers des bassins déversants solidaires ?
En ce qui nous concerne, c’est comment pouvons-nous faire prise sur cette situation ? C’est ici que nous pouvons apporter un nouveau concept organisationnel. La notion de bassin versant solidaire nous est connue depuis longtemps. Elle signifie les interdépendances existant entre les habitants, les entités administratives au sein des bassin versants et la nécessite de’en comprendre les enjeux communs. Et nous disons à cet égard que les habitant·e·s ne peuvent êtres écarté·e·s de la compréhension de ces enjeux et des recherches de solutions.
Mais voilà que nous pourrions aussi parler de bassin déversant solidaire. Notre Région est largement tributaire de la Meuse comme on le voit, mais nous sommes dans une complète inconscience de cette interdépendance. Le bassin hydrographique de l’Escaut – le bassin versant de la Senne fait partie de ce dernier – reçoit donc quotidiennement des milliers de m3 d’eau de ce qui est déversé depuis la Meuse. Les bassins versants ne sont donc pas « hermétiques », certains se déversant dans d’autres.
Nous ne savons pas encore quelle est la portée précise de de ce qui pourrait être un nouveau concept de travail, mais nous appelons à une réflexion à ce sujet. En lien, sans doute et peut-on espérer à l’Appel à des Etats Généraux sur le Climat.