La Coordination EAU Île-de-France s’oppose à la dilapidation de la ressource en eau, inscrite dans le projet de méga datas center à Fouju (77). Voici sa contribution, déposée par Daniel Cordova, à l’enquête publique qui s’est achevée le 30 mai. Lire aussi l’article de l’Observatoire des Multinationales qui montre que cette installation n’a rien de « souverain ».
En phase de construction, c’est-à-dire pendant dix ans, le projet pomperait CHAQUE ANNÉE 200 000 m3 d’eau dans la nappe phréatique alors que cette nappe contribue à l’alimentation de la région parisienne : curieuse conception de la sobriété hydrique revendiquée par les promoteurs du projet… A noter qu’il s’agit de la nappe du Champigny qui est en tension et fait l’objet de mesures de protection. 200 000 m3 d’eau potable serait également consommés en moyenne chaque année.
La Mission Régionale de l’Autorité Environnementale (MRAE) a débusqué en plein milieu de l’étude d’impact une perspective très discrète de recourir à un dispositif de refroidissement « mixte », c’est-à-dire combinant :
– un circuit fermé utilisant le désormais célèbre R1234ze (dont les fuites évaluées à environ 5 tonnes PAR AN selon les promoteurs eux-mêmes provoqueraient l’émission dans l’atmosphère d’un gaz à effet de serre des milliers de fois plus puissant que le gaz carbonique ET la production du redoutable TFA, PFAS reconnu cancérigène probable, bravo ! et consommant autant d’électricité que 200000 foyers, encore bravo !
– et un circuit à base d’eau que l’étude d’impact décrit comme non potable parce que résultant d’activités industrielles. A ma connaissance, AUCUN centre de données au monde ne peut envisager actuellement de refroidir ses équipements avec une eau « impure », faute de quoi il s’exposerait à la contamination desdits équipements par divers polluants et/ou bactéries.
Ce projet apparaît ainsi pour ce qu’il est, même sous cet aspect très restreint de l’utilisation de l’eau : une fuite en avant totalement débridée et un défi à la rationalité la plus élémentaire.
Pour la Coordination EAU Île-de-France, c’est donc NON !
MGX, le très peu rassurant fonds émirati derrière l’immense centre de données « souverain » prévu en Seine-et-Marne
Le datacenter géant annoncé à Fouju, en Seine-et-Marne, est présenté comme l’archétype de l’infrastructure numérique « souveraine » dont nous aurions besoin pour réduire nos dépendances. Le projet est pourtant contrôlé à 70% par un fonds d’Abu Dhabi, MGX, dont les liens étroits avec Donald Trump et ses proches, les géants américains de la Tech comme Microsoft, la Chine, ou encore les services de sécurité émiratis devraient susciter davantage d’inquiétude. Enquête.
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