Est Ensemble à l’heure du choix

Mardi 10 novembre, l’établissement public territorial Est Ensemble doit décider s’il assume pleinement la compétence eau ou s’il retourne au Sedif, c’est à dire dans le giron de Veolia. Les réponses de Jean-Claude Oliva, vice-président d’Est Ensemble, chargé de l’eau et de l’assainissement, aux questions de Bajomag, le magazine municipal de Bagnolet.

1/ Le 30 juin 2019, lors d’une consultation citoyenne, formalisée par un vote, 95% de la population s’est prononcée pour une gestion publique de l’eau. Quelles ont été les conséquences de ce choix pour notre territoire?

Dans un premier temps, la votation citoyenne a donné une bonne impulsion à Est Ensemble. Le conseil de territoire a lancé fin août 2019 une mission de préfiguration et décidé d’embaucher un ingénieur en chef pour suivre le dossier. Malheureusement, Est Ensemble n’a pas été jusqu’au bout et n’a pas fait formellement le choix de la régie publique. La décision politique a été repoussée à après les élections pour qu’elle soit prise par les nouveaux élus. Puis, avec la crise sanitaire, six mois de plus ont été perdus. Nous devons maintenant prendre une décision avant que la convention provisoire avec le SEDIF ne s’achève.

2/ Vous êtes toujours favorable au choix de la régie publique ?

Oui, plus que jamais ! Au SEDIF, la situation est complètement bloquée : M. Santini qui est à la tête du SEDIF depuis 1983, vient d’être réélu président pour la huitième fois consécutive ! Dans une enquête publiée en juin 2017, la Chambre régionale des comptes a alerté sur la dérive financière de l’actuel contrat entre Veolia et le SEDIF. Chaque année, c’est entre 40 et 50 millions d’euros qui passent des caisses du SEDIF à celles de Veolia et de ses filiales. Et les correctifs appliqués par le SEDIF à partir de 2016 n’ont pas entamé la rente de situation de la multinationale. De plus, le SEDIF a des projets d’investissements pharaoniques qui vont faire exploser la facture d’eau dans les prochaines années. L’intérêt des usagers d’Est Ensemble est donc de passer à la gestion publique le plus rapidement possible. C’est ce que vient de décider la métropole de Lyon qui était le 2e contrat pour Veolia, juste après le SEDIF. Ces dernières années, les usagers de l’eau desservis en gestion publique sont passé de 28 à 40% dans notre pays.

3/ Le conseil du territoire va se prononcer, d’ici fin novembre, sur le futur mode de gestion de l’eau. Qu’attendez-vous de ce vote? Êtes-vous confiant?

Dans les discours, tous les élus de gauche et écologistes d’Est Ensemble sont favorables à la gestion publique. J’espère donc retrouver cette quasi-unanimité dans les actes, c’est-à-dire dans les résultats du vote. Il y a besoin de ce rassemblement pour peser ensuite dans les négociations qu’il faudra avoir avec le SEDIF. M. Santini tente de nous enfermer dans un faux choix entre d’un côté le retour au SEDIF qui est inacceptable et de l’autre, une régie dans des conditions tout aussi inacceptables. Le SEDIF veut garder pour son usage exclusif les canalisations principales et les réservoirs qui sont sur notre territoire et nous imposer de lourds et coûteux travaux de déconnexion. Il veut nous fournir l’eau en gros à un prix prohibitif. Est Ensemble doit définir ses propres objectifs et tenir la dragée haute à M. Santini. Ce vote peut nous en donner les moyens.

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