IA: la consommation cachée des datas centers

Les data centers pompent l’eau, la salissent, la réchauffent… et la relâchent dans les rivières. Déficit de transparence, greenwashing… Alors que les mégaprojets de centres de données nécessitent des quantités énormes d’eau, leurs promoteurs tendent à minorer leurs conséquences réelles sur la ressource. Un article très documenté de Lucile Giovanelli, publié par Reporterre. Extrait.

Votre ordinateur portable chauffe après quelques heures de travail intensif ? Multipliez cette chaleur par des milliers de puces de dernière génération, empilées et tournant à plein régime : vous obtenez un centre de données « hyperscale », ces géants conçus pour accompagner l’essor de l’intelligence artificielle (IA). Ces mégaprojets de centres de données se multiplient.

Fin 2024, on en comptait 1 136 dans le monde selon le Synergy Research Group. Pour éviter la surchauffe, ces installations doivent en permanence évacuer leur chaleur dite « fatale » afin de maintenir les serveurs à une température ambiante de 25 °C.

Pour ce faire, il existe plusieurs techniques de refroidissement. Les plus répandues utilisent l’air, parfois refroidi par climatisation, et l’eau, dont l’évaporation permet d’emporter la chaleur. D’autres font circuler directement un liquide au contact des puces, tandis que l’immersion des serveurs dans un liquide isolant reste marginale. Le refroidissement à l’air peut être très gourmand en électricité, même si certains sites recourent au free cooling, en utilisant directement l’air extérieur lorsque les conditions le permettent. Le refroidissement par évaporation consomme, lui, de l’eau qui est en partie rejetée dans l’atmosphère.

La consommation d’eau nécessaire au refroidissement est devenue l’un des principaux sujets de controverse autour des centres de données. Selon les installations, elle peut atteindre plusieurs millions de litres par jour. Les opérateurs mettent en avant des technologies moins consommatrices et des efforts pour réduire leur empreinte. Mais derrière les chiffres communiqués se cachent plusieurs angles morts. Que compte-t-on réellement comme « eau consommée » ? Et que laisse-t-on de côté ?

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