Le nouveau « bijou » de la dépollution de l’eau veut s’implanter en Île-de-France

Le Chiffon, journal d’information critique de Paname et de sa banlieue, aborde le dossier du traitement de l’eau par le SEDIF et Veolia, dans son édition de la rentrée. Extrait du reportage de Clémence Serret et lien pour commander le journal.

Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) organise l’approvisionnement en eau de la plupart des habitants du Grand Paris. Depuis plus d’un siècle, il délègue ce service à Veolia. Or, depuis quelques années, le champion mondial de la gestion privatisée de l’eau veut installer des filtres de pointe pour lutter contre la pollution. C’est le projet « Vers une eau pure ».
«Je souhaite commencer mon propos, devant le Sedif et ses entreprises, par une position ferme : nouvellement élus, nous défendons la remise en régie publique de la gestion de l’eau », cingle Cécile Gintrac, maire adjointe de Saint-Denis. Ce 10 avril 2026, la salle est comble et le public, tendu.
Après la présentation technique du projet de filtration par le Sedif, Veolia et leur bureau d’études, l’assistance prend la parole. « J’habite à Épinay-sur-Seine. Je suis très étonné. Il n’y a aucun consensus scientifique à l’échelle internationale pour l’osmose inverse. Aujourd’hui, sauf erreur de ma part, il n’y a aucune métropole dans le monde qui a mis en place cette technique pour la potabilisation de l’eau ! » s’exclame Vivien Ribière, membre de la Coordination Eau Île-de-France.
« Il existe des techniques qui coûtent dix fois moins cher ! », « Il n’y a aucune information faite aux locataires d’une augmentation de leur facture d’eau ! » s’agacent d’autres habitants.

Des filtres qui font la dif’

Le ton est donné par les multiples oppositions : élus de la majorité de la mairie de Saint-Denis, associations de protection de l’environnement et associations de locataires. En effet, depuis 2015, dans un contexte de dégradation de la qualité de l’eau potable, le Sedif veut équiper ses trois principales usines de traitement, à Neuilly-sur-Marne (93), Méry-sur-Oise (95) et Choisy-le-Roi (94), de membranes dites « haute performance ».
À la manœuvre de ce chantier colossal, la multinationale Veolia, principal gestionnaire de l’eau du pays. Coût de l’investissement estimé : 1 milliard d’euros. Une dépense supportée par l’augmentation de la facture d’eau des usagers à hauteur de 4 euros par mois et par foyer. Sur le plan technique, il s’agirait d’installer deux types de filtres : des membranes de « nanofiltration » et des membranes d’osmose inverse basse pression (OIBP).
Ce second filtrage, le plus fin des deux, demanderait de faire tourner d’énormes pompes pour forcer l’eau à traverser le dispositif. Soit un doublement de la consommation d’électricité de chaque usine. Des lignes haute tension devraient être installées pour l’occasion.
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