Le Printemps Maraîchin fait le plein

Une délégation de la Coordination EAU Île-de-France a participé au Printemps Maraîchin à La Rochenard les 27 et 28 mars. Un magnifique rassemblement qui confirme le réveil citoyen autour de la question de l’eau. Ci-dessous notre compte-rendu, notre album de photos et les vidéos de France 3 Poitou-Charentes.

A l’appel de la Confédération paysanne, de Bassines non merci, des Soulèvements de la Terre et d’une cinquantaine d’organisations diverses, le Printemps Maraîchin a fait le plein avec plus de 7000 personnes à La Rochenard dans les Deux-Sèvres, près de Niort.

Un grand bol d’air frais 

On retiendra de ce week-end dans le marais poitevin un grand bol d’air frais, malgré quelques lacrymos, qui a fait énormément de bien à toute notre délégation et sans doute à tou.te.s les participant.e.s! Avec une foule écologiste, sociale, associative, jeune, féministe, antiraciste, pacifiste, non-violente, de gauche sans doute, qui ne se reconnaît pas dans les partis politiques, qui ne vote pas forcément, mais qui est très présente sur le terrain contre tous les grands projets nuisibles et pour tous les petits projets utiles. Cette force en mouvement contre les méga-bassines, est alternative, joyeuse et solidaire. Elle va compter pour l’avenir et pas seulement dans le Poitou. 

La plupart des photos sont de Rodolfo Carlos Yepez Lacouture en stage dans notre association.

Les méga-bassines, un remède qui aggrave le mal

Dans le Poitou au mois de mars 2022, le déficit de précipitations et de 50% et l’anomalie de température de +2°c. C’est le problème réel et général auquel se heurtent les agriculteur.rice.s. Plutôt que d’adapter leurs cultures, une petite minorité d’entre eux (de l’ordre de 5%) a choisi la fuite en avant dans un artifice technique : les méga-bassines. 

Contrairement à ce que voudrait faire croire le gouvernement et la FNSEA (syndicat de l’agro-industrie), ce n’est pas l’eau de pluie qui remplit ces bassines. Un météorologue expert en risques naturels a fait le petit calcul suivant. S’il pleut 800 mm/an, sur une bassine de 5 Ha ( 7 terrains de foot), elle ne collecte au mieux que 30 000 m3 (en comptant l’évaporation) sur les 295 000 m3 de la capacité totale de la réserve. Donc il faut pomper pour la remplir, CQFD. Et c’est là que le bât blesse. En pompant on assèche les nappes souterraines. Le marais poitevin, deuxième zone humide France se dessèche. Le sol sec n’absorbe plus les pluies qui ruissellent et provoquent des crues. Davantage de vapeur d’eau est stockée dans l’atmosphère ce qui augmente l’effet de serre… L’emballement climatique est là. 

Ces méga-bassines qui ne profitent qu’à une poignée d’agro-industriel.le.s sont massivement financées par de l’argent public: à 70% par l’agence de l’eau, la région, etc. Les autres usagers, agriculteur.rice.s, usager.e.s domestiques, ne sont pas consulté.e.s. Les méga-bassines sont protégées par un dispositif policier dantesque, financé par le contribuable. 2000 gendarmes étaient mobilisés pour le week-end. La bassine de Mauzé-le-Mignon est entouré d’un no man’s land d’une vingtaine de mètres où avaient pris place plusieurs fourgons de gendarmes mobiles, puis d’une haute palissade. En temps normal, elle est gardiennée en permanence, avec des chiens. Cela n’est pas sans rappeler la vallée de la Roya où, sur la route, en limite du terrain de Cédric Herrou, un poste de gendarmerie a été installé en permanence pour le surveiller et faire la chasse aux migrant.e.s… Tout cela a un coût, payé par le contribuable, bien sûr. 

Convergence pour défendre les eaux

Dans le système des méga-bassines se déploient les même logiques que dans le dispositif d’eau osmosée du SEDIF et sans doute que dans bien d’autres grands projets nuisibles que nous combattons. Une réponse techniciste à la crise écologique (pour le SEDIF, c’est la dégradation de la qualité de l’eau dans le milieu naturel) qui va aggraver la situation (en polluant les cours d’eau pour produire de l’eau osmosée). Cela se fait aussi avec de l’argent public (pour l’eau osmosée, l’agence de l’eau a refusé de subventionner ce qui est rassurant, mais le SEDIF prévoit un milliard d’investissements en provenance de la facture d’eau). Il y a encore l’absence d’informations et de consultation des personnes concernées, ce qui est inadmissible s’agissant d’un commun. 

Après la marche du samedi qui a rassemblé plus de 7000 personnes, il y a eu plusieurs moments de riches échanges le dimanche. On a parlé des bassines bien sûr, mais aussi des réservoirs d’eau pour la neige artificielle à La Clusaz ou encore de l’accaparement de l’eau par Nestlé à Vittel et la Coordination EAU Île-de-France a évoqué les luttes pour la gestion publique en région parisienne. Les convergences sont fortes. Il a été décidé de se regrouper en collectifs de défense des eaux et de se retrouver dans les prochains mois. No Bassaran!

Les vidéos de France 3

Le printemps maraîchin : une manifestation anti-bassines dans les Deux-Sèvres 

 
Bassines : Qui sont les militants du printemps maraichin dans les Deux-Sèvres ?


Le printemps maraîchin : un week-end de manifestations anti-bassines à La Rochénard (Deux-Sèvres)

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