Eau potable dans le Val-de-Marne : « Si on quitte le Sedif, on paiera peut-être moins cher, non ? »

Les habitants de neuf villes du Val-de-Marne peuvent voter du 31 août au 19 septembre pour dire oui ou non au projet de leurs maires de créer une régie publique de l’eau. La campagne a été lancée mardi au Kremlin-Bicêtre. Par Marine Legrand, le 31/08/2021.

Le grand barnum bleu installé le long de la D 7 au Kremlin-Bicêtre intriguait les passants, mardi matin. Les maires de neuf communes du Val-de-Marne (Arcueil, Cachan, Chevilly-Larue, Fresnes, Gentilly, Ivry-sur-Seine, Le Kremlin-Bicêtre, Orly et Vitry-sur-Seine) y lançaient la campagne d’information sur leur projet de quitter le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif) d’ici les prochains mois.

Ils veulent créer leur propre régie publique de l’eau afin de « sortir des logiques de marché et de concurrence », sans chercher à réaliser de profit financier.

Depuis le 31 août et jusqu’au 19 septembre, les habitants de ces villes sont invités à dire oui ou non au projet de leurs élus, qui est porté par l’agglomération Grand Orly Seine Bièvre. Un site Internet est accessible, une enveloppe prépayée est disponible dans les journaux municipaux actuels et des urnes seront à disposition du public à travers différents lieux des villes concernées.

« Les maires feraient mieux que Veolia ? »

Simone, une retraitée kremlinoise, semble emballée : « Ce serait une bonne idée ! Si on quitte le Sedif, on paiera peut-être moins cher, non ? Car c’est très cher ici. On doit être une des seules banlieues où c’est aussi onéreux. Moi, qui vis toute seule, j’en ai pour 50 euros par mois environ. D’habitude, ma facture tourne autour de 30 ou 40 euros. Mais avec le Covid, je me lave les mains beaucoup plus souvent. Avec l’électricité et les autres charges fixes, ça prend pas mal sur ma pension. »

Le prix est effectivement l’une des préoccupations qui ressort le plus souvent dans la bouche des riverains concernés. Christian Métairie (EELV), maire d’Arcueil, veut rassurer ceux qui redoutent une flambée du prix du m3 d’eau en cas de sortie du Sedif : « Au regard des études et des expériences déjà menées de régies publiques, au pire le prix de l’eau n’augmente pas, au mieux il baisse à moyen ou long terme. Notre engagement est de maintenir le prix actuel, tout en espérant aller vers une baisse dans l’avenir. Nous proposerons aussi une tarification sociale de l’eau afin de garantir l’accès à ce bien précieux pour tous. »

Mais le Sedif prévient d’emblée : « Le prix en tant qu’adhérent est moins cher que le prix payé par les non-adhérents. »

Pour d’autres habitants, la sécurité est davantage au cœur des inquiétudes comme pour Michèle, du Kremlin-Bicêtre : « Comment les maires peuvent prouver qu’ils feront mieux que Veolia ? Ce n’est par rien de gérer des réseaux d’eau potable. Avant de voter, je vais d’abord lire les documents sur le sujet et m’informer. J’ai besoin de débattre, d’entendre ce que les élus ont à dire. Mais il faudrait avoir la contradiction par le Sedif. »

Plusieurs réunions publiques à venir

Quatre tables rondes sont d’ores et déjà organisées par les élus : à Ivry les 6 et 13 septembre à 18h30, à Fresnes le 7 septembre à 20 heures et au Kremlin-Bicêtre le 9 à 19h30. Des barnums seront installés dans les neuf villes à différents lieux et dates jusqu’au 19 septembre. Enfin, deux expositions sur le sujet seront proposées à Ivry du 6 au 17 septembre à l’espace Gérard-Philipe.

Les négociations avec le Sedif, entamées depuis longtemps, doivent aboutir d’ici à « la fin de l’année », annonce Fatah Aggoune (PCF), adjoint à la maire de Gentilly et président de la structure de préfiguration des eaux de la Seine et de la Bièvre. « Notre but est que le service soit opérationnel dès que possible. Nous assurerons les compétences en matière d’entretien et renouvellement du réseau. Tout l’argent sera réinvesti dans le fonctionnement du réseau. »

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