Voici une contribution de la Coordination EAU Île-de-France à l’enquête publique sur les travaux pour mettre en place le procédé de traitement de l’eau par osmose inverse basse pression (OIBP) dans les usines du SEDIF de Choisy-le-Roi et de Méry-sur-Oise. C’est l’utilité même du projet que met en cause notre association.

Une nouvelle étude de PAN Europe et de ses membres dont Générations Futures pour la France, révèle des niveaux élevés d’acide trifluoroacétique (TFA), un polluant éternel récemment découvert comme étant nocif pour la reproduction et pour le développement, dans les céréales du quotidien en Europe. L’aliment le plus contaminé est une céréale de petit-déjeuner courante. Les concentrations moyennes en TFA sont 107 fois supérieures à celles de l’eau du robinet!
L’étude a analysé 66 produits céréaliers conventionnels achetés dans 16 pays européens, notamment des céréales de petit-déjeuner, des pâtes, des croissants, du pain complet et raffiné, et de la farine. Le TFA a été détecté dans 81,8 % des échantillons (54 sur 66) prélevés dans 16 États membres européens.
Lien vers le communiqué de Générations futures et l’étude de PAN Europe
Le projet d’OIBP porté par le Sedif et Veolia donne une illusion de sécurité aux usager.es qui continueront à s’empoisonner avec le reste de l’alimentation, céréales, fruits et légumes, qui contient beaucoup plus de PFAS que l’eau du robinet. Le projet du SEDIF et de Veolia détourne de l’action préventive (l’arrêt de la production et de l’utilisation des PFAS). Il constitue un permis de continuer à polluer tranquillement pour l’agriculture et l’industrie.
Curieusement, dans les documents soumis à l’enquête publique, l’abattement pour le TFA qui est aujourd’hui le PFAS le plus problématique, n’est pas indiqué.
Pour la plupart des PFAS, il existe déjà des alternatives à la technologie ruineuse du SEDIF et de Veolia. A Meaux, une nouvelle usine a été inaugurée récemment à cet effet (article du 19 décembre 2025):
PFAS : l’usine des eaux du Pays de Meaux est l’une des rares à traiter tous les polluants éternels
Samedi 29 novembre 2025, le Pays de Meaux a inauguré sa nouvelle usine des eaux. Celle-ci, plus moderne que l’ancienne, viendra alimenter 9 communes en eau potable. Par Laura Bourven dans actu.fr
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Une eau débarrassée des PFAS et autres polluants
Jusqu’ici, le traitement est semblable à celui proposé dans l’ancienne usine des eaux du Pays de Meaux. Mais une grande nouveauté a été ajoutée au parcours de l’eau avant qu’elle soit distribuée. Après le traitement à l’ozone, l’eau arrive à l’étape du carbocycle.
Si l’ancienne usine était encore conforme et fournissait toujours une eau de qualité, elle ne pouvait pas traiter en profondeur les PFAS et autres polluants qu’on retrouve dans l’eau et qui font de plus en plus parler. « Plus ça va aller, et plus les réglementations vont se durcir » pense Atmann Fakkak. Cette nouvelle usine des eaux a donc été construite pour répondre à ces normes futures.
« Quand on arrive ici, on a déjà attaqué beaucoup de choses. Ce procédé est un traitement novateur ! Il y a très peu d’usines en France qui l’ont pleinement intégré dans le parcours de l’eau comme étape obligatoire » se réjouit le directeur de la DEA. L’usine de Nanteuil-lès-Meaux est la deuxième en France, après Gourin, dans le Morbihan, où l’entreprise Sources déploie cette technologie brevetée.
Cette dernière vient, à l’aide de charbons actifs, tuer les PFAS, résidus de médicaments, pesticides et autres polluants éternels. « L’eau arrive par le bas d’un bassin et traverse un lit de charbon. Avec la vitesse de l’eau, le charbon agira comme du Scotch » explique Atamnn Fakkak. Le charbon, une fois saturé, sera lui-même traité et brûlé à très haute température avant d’être réutilisé.
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Au niveau de la recherche fondamentale, des nouveaux procédés prometteurs apparaissent aussi pour éliminer les PFAS.
Des scientifiques viennent-ils de trouver la vraie solution pour éliminer les PFAS et autres polluants dans l’eau potable ?
Des scientifiques de l’université Rice ont dévoilé un matériau capable d’utiliser la lumière pour décomposer des polluants comme les PFAS, surnommés « les éternels ». La solution la plus efficace trouvée à ce jour ? Article d’Elodie Falco, publié le
Eliminer les « polluants éternels » de l’eau sans produits chimiques agressifs ni métaux lourds ? Le pari a été relevé par une équipe de chercheurs de l’université Rice, à Houston. Dans une étude publiée dans le numéro de décembre de la revue Materials Today, une équipe de 23 scientifiques présente un nouveau matériau capable de décomposer un large éventail de contaminants, dont les tristement célèbres PFAS, ces substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées qui persistent dans l’environnement.
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Mais le SEDIF engagé à long terme par un investissement colossal de plus d’un milliard d’euros ne pourra pas faire marche arrière et bénéficier des technologies plus sûres et moins coûteuses qui vont arriver dans les prochaines années sur le terrain…