Archives de catégorie : Santé & Environnement

Eau de Paris s’oppose aux gaz de schiste sur ses aires de captage d’eau potable

14 octobre 2014, Communiqué de presse de Eau de Paris.

Célia Blauel, Présidente d’Eau de Paris, demande le retrait du projet de recherche d’hydrocarbure sur les aires d’alimentation de captage d’eau potable gérées par la régie municipale de la ville de Paris.

1024px-Marcellus_Shale_Gas_Drilling_Tower_1_cropDans le cadre de la consultation publique ouverte le 19 septembre 2014 par le Ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie sur les demandes de permis exclusif de recherches de mines d’hydrocarbures liquides ou gazeux dit permis de « Cezy » et de « Dicy », Eau de Paris alerte sur les risques majeurs de contamination des eaux que représente l’octroi de ces permis.

Une partie majeure du périmètre du « permis de Cézy » s’étend sur les aires d’alimentation de captages des sources dont Eau de Paris assure la gestion. Ces sources contribuent à l’alimentation en eau potable de la capitale et de communes de l’Yonne et nécessite une constante protection afin de les préserver de tout type de pollution.

La réalisation du projet de forage comme celui proposé par la société Bluebach Ressources, qui fait l’objet de cette consultation, aurait des effets désastreux sur la qualité de la ressource en eau. Le territoire visé est en effet un territoire stratégique pour Eau de Paris. Une partie des captages a été classée prioritaire au titre du Grenelle de l’environnement et des actions innovantes, comme le développement de l’agriculture biologique, y sont menées pour protéger durablement la ressource.

Pour Célia Blauel : « La responsabilité d’Eau de Paris est d’assurer un approvisionnement en eau potable de qualité à tous les Parisiens. C’est pourquoi je demande expressément à la Ministre de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie le retrait immédiat de ce projet et qu’aucune autorisation de travaux ne puisse être délivrée à l’avenir sur les aires d’alimentation de captage d’eau potable ».

Le climat n’était pas avec Alternatiba Gonesse !

Par René Durand

Était-ce les conséquences d’un complot ? Les faits le laissent à penser ! En effet les « forces du mal » se sont manifestement déchaînées pour porter un coup fatal à l’Alternatiba Gonesse ! Il serait d’ailleurs intéressant de savoir qui était à l’origine de ce véritable « complot » : Dieu ? La famille Mulliez ? L’établissement public d’aménagement de la plaine de France ? Le saint fric ? Le libéralisme ? Allez savoir ! En tout cas la pluie, la grêle, le vent et le froid, tous unis contre cette manifestation, ont réussi à pourrir la vie des manifestants et des organisateurs de cette première en Île-de-France.

Débats sur l'eau, le climat et l'agriculture dimanche 21/09

Tout a commencé, alors que le gros de la troupe venait à pied du centre de la ville de Gonesse, par un très violent orage de pluie et de grêle centré manifestement sur le site du village de l’Alternatiba. À l’abri dans une voiture avec des amis, nous avons pu constater la violence du vent, soufflant en bourrasques, qui renversait sous nos yeux les stands ! Tout cela, alors qu’il faisait un temps magnifique depuis plusieurs semaines ! L’annonce et la tenue de « villages des alternatives (alternatiba) » seraient elles, au même titre que la mauvaise gestion de l’eau, ou nos émissions de gaz à effet de serre, de nature à participer au changement et au dérèglement climatique ?

Ce mauvais temps, la pluie et le froid ont eu raison de la mobilisation attendue. Pour autant, ces intempéries n’ont pas complètement ruiné cet événement.

Dimanche matin, entre 10 heures 30 et midi, se tenaient 3 débats : sur l’eau, le climat et l’agriculture. L’après-midi, il en était proposé trois autres, sur l’emploi, les transports et les grands projets inutiles imposés franciliens. Pour ma part, je devais modérer le débat sur l’eau qui rassemblait 3 intervenants prestigieux. Tout d’abord, Jacques Perreux, l’homme « politique » de ce débat, conseiller général du Val de Marne et conseiller régional d’Île-de-France. Ensuite Christian Weiss, enseignant à Paris 8 Saint-Denis, de formation biogéographe, chargé de mission Eau à l’association « Île-de-France Environnement ». Et enfin, Daniel Hofnung, coprésident de la Coordination Eau Île-de-France, membre du conseil d’administration et président de la section Val-de-Marne d’Attac. Ce dernier portait l’idée qu’une mauvaise gestion de l’eau participe au dérèglement climatique et a fait connaître en France les travaux de Maude Barlow ou Michal Kravcík.

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Sommet sur le Climat : les associations appellent François Hollande à une ligne politique forte sur l’eau

A la veille du Sommet sur le Climat organisé par le Secrétaire Général des Nations Unies M. Ban Ki Moon et qui se tient au Siège des Nations Unies à New York le 23 septembre 2014, les associations françaises ont exhorté le Président François Hollande à se positionner pour une prise en compte de la question de l’eau dans les discussions.

Les menaces croissantes du changement climatique se traduisent concrètement par une augmentation de la fréquence et de l’intensité des crises liées à l’eau (inondations, fonte des glaciers, sécheresses et glissements de terrain en conséquence de pratiques agricoles intensives, salinisation des nappes phréatiques, vulnérabilité de la biodiversité aquatique accrue). Des pratiques humaines, telles la déforestation, l’agriculture intensive, l’urbanisation importante influent sur le cycle de l’eau et déséquilibrent ainsi le climat. Face à ces bouleversements, la communauté internationale dont la France doit impérativement envisager l’accès à l’eau pour tous comme une priorité à travers une gestion efficace et une bonne gouvernance de l’eau mais aussi par le renforcement de la résilience des communautés les plus vulnérables.

En tant que bien commun de l’humanité dont la défense s’inscrit dans une démarche démocratique et citoyenne, il est aujourd’hui crucial de prendre en compte ces liens entre changement climatique et ressources hydriques et de développer des solutions d’adaptation et d’atténuation à l’échelle internationale.

Avec la tenue de la Conférence Paris Climat en décembre 2015 (COP21), la France doit dès à présent être à la pointe en matière de propositions et de positions concernant les débats sur le changement climatique et veiller à ce que la problématique de l’eau y soit intégrée concrètement. Dans le cadre de la COP21, les ONG prévoient déjà de mettre en place des réunions publiques, expositions, projections et débats dans un espace permanent consacré à l’eau, le « Pavillon Bleu ».

Nous appelons donc le Président M. François Hollande ainsi que le gouvernement à porter cette thématique dans les instances internationales et à ne pas en négliger l’importance.


Organisations participantes : France Libertés – la Fondation Danielle Mitterrand, Coalition Eau, le CRID, GreenCross France & Territoire, Coordination Eau Ile-de-France, les Petits Débrouillards

Gonesse (95) : les alternatives au projet « climaticide »

Rendez-vous à Alternatiba Gonesse les 20 et 21 septembre avec un débat sur l’eau prévu le dimanche 21 septembre à 10h30.

Le réchauffement climatique va bon train… Les grandes puissances, à quelques rares exceptions, n’avancent pas assez vite, d’autres résistent, certaines font même quelques pas en arrière ! Sur l’unique argument du développement économique qui serait automatiquement créateur d’emplois, certains se laissent entraîner dans de folles aventures allant à l’encontre de notre objectif : la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre.

Parmi les « grands projets inutiles » qui ruinent notre planète, il nous a semblé utile de pointer le doigt sur celui du « triangle de Gonesse » qui ne laisse aucune chance aux terres agricoles (actuellement 1 000 ha), avec ses 250 hectares de zone d’activité, son carré vert (400 ha) – qui n’est en fait qu’une réserve foncière déguisée et son golf de 90 ha. En son cœur, Auchan (et sa filiale Immochan) souhaite implanter EUROPACITY, « le plus grand centre commercial et de loisirs du monde » comprenant boutiques, hôtels, restaurants et cerise sur le gâteau, une piste de ski indoor, pour un coût évalué à 1,7 milliard d’euros, dont près de 300 millions de subventions publiques. Cela sans compter l’implantation en plein champ et aux frais de la princesse d’une gare du métro du « Grand Paris Express », non prévue à l’origine !

Ce projet est une catastrophe écologique, il sacrifie des terres agricoles, s’étale à l’horizontale, gaspille l’eau, étanchéifie les sols, détruit la biodiversité, etc. C’est le prototype même de ces opérations clinquantes, à courte vue, produisant des profits à court terme.

Mais l’opposition citoyenne s’organise. Plusieurs organisations associatives, syndicales, mais aussi de simples citoyens mettent en place les 20 et 21 septembre une vaste mobilisation, dans le cadre d’Alternatiba Île-de-France contre ce projet « climaticide ».

La Coordination Eau Île-de-France a souhaité s’associer à cette démarche et lors d’un débat (qui se tiendra dimanche matin entre 10 h 30 et 12 h) elle montrera comment une mauvaise gestion de l’eau participe, aux côtés de nos trop importantes émissions de gaz à effet de serre, au réchauffement climatique. Ce débat modéré par René Durand rassemblera Daniel Hofnung (Expert, Président de la Coordination Eau Île-de-France) et Jacques Perreux (Conseiller général du Val de Marne et Conseiller régional Île-de-France).

Pour en savoir plus :
– Collectif pour le triangle de Gonesse : http://www.cptg.fr
– Alternatiba Gonesse : http://alternatiba.eu/gonesse/

Pollution de la Marne, de nouvelles actions en perspective

Le tribunal administratif (TA) de Melun a rejeté le recours de la Coordination Eau Île-de-France contre les arrêtés préfectoraux de 2008 et de 2012, autorisant le rejet des eaux pluviales provenant de l’aéroport Charles de Gaulle, dans un affluent de la Marne, en amont de l’usine de production d’eau potable d’Annet-sur-Marne. Le jugement se fonde sur l’insuffisance de preuves concernant la présence d’éthylène glycol, qui a cependant été détectée dans les eaux brutes de la Marne, captées par l’usine d’Annet (voir le considérant 9 du jugement). Le TA s’appuie sur le déni actuel d’Aéroport de Paris (ADP) concernant l’utilisation d’éthylène glycol, une utilisation pourtant de notoriété publique et qui a même été reconnue par le directeur adjoint d’ADP dans « 20 minutes » -lire ICI.

Le TA mentionne, mais ne retient pas, la préconisation de la cellule inter-régionale d’épidémiologie d’Île-de-France Champagne Ardennes, de distinguer systématiquement l’éthylène glycol, le propylène glycol et le diéthylène glycol dans les prochaines campagnes de mesures des eaux pluviales « en raison de l’inquiétude des acteurs locaux ». Ce serait pourtant un moyen simple et définitif de rassurer la population et les associations.

Circulez, il n’y a rien à voir ?

Au-delà de ce jugement, la Coordination Eau Île-de-France se réjouit d’avoir commencé à briser le mur du silence sur une importante question de santé publique et d’environnement. Les conséquences calamiteuses d’une gestion d’une ressource naturelle comme l’eau, à l’unique service des profits d’une entreprise, ont été mises en évidence. Le glycol, ce n’est pas grave, dame nature va régler le problème et l’éliminer ! Eh bien non, cela ne marche pas comme ça, le glycol se retrouve dans la Marne et peut-être dans l’eau que nous buvons ! Si l’État a mis en place toute une série d’outils de gestion de l’eau (autorisation et comité de suivi « loi sur l’eau », SDAGE, SAGE, etc.) ce n’est pas pour constituer des «machins » aux contenus vides, aux dates de réunions aléatoires et aux ordres du jour bidons. Si le législateur a mis en place ces outils de concertation des politiques de l’eau, c’est parce qu’il a supposé que la société civile, les usagers du service, les associations avaient leur mot à dire sur le sujet ! N’est-ce pas le sens de « l’eau, bien commun » ?

De premiers résultats concrets

Cette action a d’ores et déjà des conséquences positives, très concrètes. Nous avons obtenu des acquis de la part des services de l’État, d’ADP et de Veolia. Nous les avons obligés, enfin, à mettre en œuvre ce qu’ils auraient dû faire depuis des années et n’avaient jamais fait ! C’est le cas du protocole d’alerte entre ADP et la SFDE (Veolia). Sur le plan de la santé publique, nous avons obtenu un début de suivi des pollutions au glycol. Et surtout ADP s’est engagé dans un programme de travaux qui pourrait s’élever à 50 millions d’Euros. Il faut bien sûr poursuivre et s’engouffrer dans la brèche en exigeant d’ADP qu’il finance et mette en œuvre son plan d’action sans attendre plus longtemps. Il faut aussi assurer une vigilance citoyenne sur la qualité de la Marne et de ses affluents, dans lesquels se rejettent, outre les eaux pluviales de l’aéroport, les eaux de ruissellement des décharges avoisinantes, en se dotant, si nécessaire, de moyens d’expertise indépendante. Ce sont les nouvelles perspectives que nous avons pour les prochains mois.

Enfin, cela montre tout l’intérêt qu’il y a de voir des citoyens s’impliquer dans ce type d’action. Quand la gestion de l’eau « bien commun » devient l’affaire de tous, les lignes bougent !

Lire le jugement du TA de Melun

La pollution de la Marne au tribunal

Depuis plusieurs années, la « Coordination Eau Île-de-France » avec l’association « Actions vertes Roissy Val-Maubuée » (AVRVM) et divers particuliers ont lancé  l’alerte sur la présence de composés de glycol dans  la Marne, et des conséquences éventuelles sur la qualité de l’eau mise en distribution par l’usine de production d’eau potable d’Annet-sur-Marne propriété de Veolia Eau.

L’aéroport Paris-Charles de Gaulle (3 400 hectares) est avec ses 60 millions de passagers le septième aéroport mondial. Les surfaces imperméabilisées (1 000 hectares) des 4 pistes, des voiries et des parkings ont besoin pendant l’hiver d’être déneigées et déverglacées. Il en est de même pour les ailes des aéronefs qui doivent être traitées au moment du décollage. Pour ce faire, Aéroports de Paris utilise divers produits dont des composés de glycol (propylène glycol et éthylène glycol), qui se retrouvent dans les eaux pluviales, puis dans les rivières (Reneuse et Beuvrone) et enfin dans la Marne, juste en amont de la prise d’eau de l’usine d’Annet-sur-Marne et peut-être dans le verre des 500 000 Franciliens habitant la Seine-et-Marne, le Val d’Oise ou la Seine-Saint-Denis.

Dans cette affaire, les citoyens et les associations qui les représentent se trouvent face aux énormes machines économiques que sont Aéroports de Paris et Veolia Eau. Ils sont confrontés à des difficultés d’accès à l’information, à une législation non adaptée à l’usage (et au rejet) de composés chimiques relativement récents, ainsi qu’à toute une série d’arrangements ou de négligences qui permettent à des pollutions liées à l’activité humaine de mettre en danger les écosystèmes et la santé des habitants.

La pollution à l’éthylène glycol en amont de l’usine de potabilisation d’Annet-sur-Marne est emblématique des combats que nous devons mener pour la défense de l’environnement.

Cela a conduit les associations et les citoyens à contester devant le tribunal administratif de Melun les arrêtés préfectoraux autorisant le rejet des eaux pluviales polluées dans la Marne. L’audience est prévue le 7 mai.

D’ores et déjà, la « Coordination Eau Île-de-France », l’association « Actions vertes Roissy Val-Maubuée » et les particuliers qui s’y sont joints,  se félicitent :
-d’avoir mis sur la place publique cette question de santé publique jusqu’à présent tue;
-des acquis obtenus de la part des services de l’État, d’ADP et de Veolia; en particulier, de la publication du plan d’actions d’ADP (pour un montant estimé à 50 millions d’euros) et de la signature d’un protocole d’alerte entre ADP et Veolia concernant la pollution de l’eau.
-de l’exemple donné qui montre l’intérêt qu’il y a de voir des citoyens s’impliquer dans ce type d’action.

> Synthèse documentaire de cette affaire & liste des documents de référence consultables en ligne >>> http://eau-iledefrance.fr/doc/dossier-glycol/

> Synthèse documentaire version pdf à télécharger >>> dossier Glycol