La Coordination EAU Île-de-France réagit à l’annonce du SEDIF de défendre le principe pollueur-payeur.

Le SEDIF a engagé deux recours juridiques via le cabinet Huglo Lepage Avocats, le 18 juin 2026. Le 1er recours, auprès du Premier ministre, et le second, auprès de la Commission européenne, demandent que les producteurs et fabricants industriels de pesticides contribuent au financement de la dépollution des eaux.
Lire ici le communiqué du SEDIF
C’est un changement significatif et appréciable. Jusqu’à présent le SEDIF se cantonnait strictement à un rôle technique de producteur et de distributeur d’eau et refusait toute action plus large pour défendre les intérêts des usager.es. L’incompréhension et le rejet, générés par le projet de mise en place de l’osmose inverse basse pression, sont la cause de ce revirement majeur. L’action des associations, des élu.es, et des citoyen.nes a rendu intenable le statut quo du SEDIF.
C’est un premier pas dans la bonne direction, mais il faut aller plus loin. Mener des actions de lobbying au niveau français et européen en faveur de la préservation de l’eau. Attaquer en justice les pollueurs : industriels, fabricants de pesticides, exploitations agro-industrielles.
Non seulement, il faut faire payer les pollueurs mais il faut aussi réduire la pollution, c’est-à-dire l’utilisation des pesticides. C’est l’objet de nombreux débats en ce moment autour de la loi d’urgence agricole qui élargit au contraire les autorisations d’usages des pesticides. Il faut se joindre à la large mobilisation d’associations, de collectivités, d’acteurs de l’eau et d’organisations environnementales qui appellent à revoir ce texte.
Oui, il faut aussi y aller tous ensemble ! C’est pourquoi nous réitérons notre proposition d’un Grenelle de l’eau potable en Île-de-France et sur le bassin Seine Normandie pour d’avancer collectivement vers l’amélioration de la qualité de l’eau. Nous proposons au SEDIF de le co-organiser avec notre association, avec d’autres associations, collectivités et producteurs d’eau. Et de lancer des paiements pour services environnementaux avec les collectivités du bassin Seine Normandie.
Dans l’attente de cet échange de fond entre tous les acteurs, nous demandons au SEDIF un moratoire sur son projet de filière membranaire haute performance basée sur l’osmose inverse basse pression.
Paris, le 30 juin 2026