L’enquête publique sur les travaux dans les usines du SEDIF de Choisy-le-Roi et de Méry-sur-Oise s’est achevée le 7 mars. Aussitôt les contributions, quasiment unanimes à rejeter le projet du SEDIF et de Veolia, ont disparu du site officiel de l’enquête publique. Un acte révélateur d’une enquête étouffée d’un bout à l’autre. Vous trouverez ci-dessous la dernière contribution de notre association et celle de FNE-IDF.

Dans la première contribution de notre association, nous évoquions le service minimum du SEDIF en terme d’information et de concertation. Cela s’est pleinement vérifié. Les conditions d’organisation de la concertation n’ont pas permis une participation importante des usager.es. La période des congés de fin d’année, puis la période de la campagne électorale des municipales n’étaient pas favorables à une enquête publique. L’absence de relais de la part des villes directement concernées comme Choisy-le-Roi, a également été pointée dans les contributions. Ce n’est pas l’intérêt des usager.es pour les questions de qualité de l’eau qui est en cause, au contraire, iels sont très nombreux.ses à s’intéresser à cette question.
Le déroulement de l’enquête a été inédit. Le SEDIF via des bureaux d’étude (ou une IA?) a répondu directement à de nombreuses contributions, mettant ainsi une chape de plomb sur le débat. En général, dans les enquêtes publiques, la commission d’enquête établit une synthèse des contributions qui est communiquée au porteur du projet ; celui-ci y répond. Et la commission en tire toutes les conclusions. Cela n’a pas été le cas ici et on peut s’interroger sur la méthode suivie qui a étouffé le débat.
Sur le fond du dossier, notre association revient sur les enjeux environnementaux. Le projet du SEDIF est particulièrement impactant pour l’environnement à plusieurs égards.
Le premier point est le rejet du concentrat de polluants dans les cours d’eau. C’est une faiblesse énorme du projet. S’agissant des PFAS, par exemple, la nécessité de les éliminer de notre environnement est reconnue. Avec le rejet des polluants dans les cours d’eau, le dispositif choisi par le SEDIF et Veolia pérénise au contraire leur présence dans notre environnement proche. D’autres techniques permettent au contraire de les retirer de l’eau potable et de les détruire. C’est un problème de conception du projet : le SEDIF et Veolia réduisent la question de la pollution de l’environnement à l’eau potable alors qu’il s’agit d’un problème global.
Le second point concerne le rejet de CO2 dans l’atmosphère. Jusqu’à présent les usines de production d’eau potable n’émettent pas directement de CO2. Avec le dispositif d’osmose inverse basse pression du SEDIF et de Veolia une émission importante est à prévoir. Dans le document C1 (description du projet), pp 51 à 53, on peut trouver toutes les explications sur la production et le rejet de GES. L’impact direct est fort et augmenté par le projet : voir le document D1 (résumé non technique étude d’impact), pp37 et 38. La hausse est d’environ 5094 teq CO2/an pour l’usine de Choisy ! Le projet va donc à l’encontre des objectifs de réduction des émissions de CO2 de notre pays.
Le troisième point concerne la consommation d’électricité : là aussi, l’impact est fortement augmenté par le projet. Au bilan, la consommation électrique passera d’environ 560 Wh/m3 en situation actuelle (valeurs 2023) à environ 1100 Wh/m3pour une production future théorique de 306 300 m3/j d’eau potable. Cf p129 dans le document C1 (description du projet). Il s’agit quasiment d’un doublement de la consommation électrique de l’usine.
Autre impact conséquent, la quantité d’eau prélevée dans la Seine sera en nette augmentation pour une production d’eau potable équivalente. Cela va à l’encontre du Plan eau national publié en 2023, décliné dans le XIIème programme de l’Agence de l’Eau Seine-Normandie (AESN), qui prévoit 10 % de réduction des prélèvements d’eau d’ici 2030 pour tous les usages.
On le voit ce projet pose plus de problèmes qu’il n’en résout. Notre avis est donc défavorable.
Retrouvez nos précédentes contributions
Osmose inverse basse pression et plomb : la grande contradiction
Quand le projet d’eau ultra-pure du SEDIF s’éloigne des recommandations sanitaires basiques. Une nouvelle contribution de la Coordination EAU Île-de-France à l’enquête publique sur les travaux prévus dans les usines de Choisy-le-Roi et Méry-sur-Oise.
Un grand projet inutile
Voici une contribution de la Coordination EAU Île-de-France à l’enquête publique sur les travaux pour mettre en place le procédé de traitement de l’eau par osmose inverse basse pression (OIBP) dans les usines du SEDIF de Choisy-le-Roi et de Méry-sur-Oise. C’est l’utilité même du projet que met en cause notre association.


