OIBP: avis critique de la MRAe

La MRAe d’Île-de-France a rendu le 13 mai un avis critique sur le projet de modification de l’usine du SEDIF de Neuilly-sur-Marne. Un avis que l’on ne retrouve malheureusement pas sur le registre numérique de l’enquête publique, ce qui illustre, une fois de plus, les failles de l’information du public. Dans son avis, la MRAe met en cause les rejets polluants dans la Marne et recommande d’étudier des alternatives au projet. Elle interroge son bilan carbone et son impact sur le climat. De fait, elle montre l’inconsistance  de l’étude d’impact réalisée par le SEDIF… Lire la synthèse de l’avis, les recommandations, lien vers l’avis complet.

Synthèse de l’avis

Cet avis de l’Autorité environnementale concerne le projet de modification de l’usine de potabilisation située à Neuilly-sur-Marne, porté par le Syndicat des Eaux d’Île-de-France (SEDIF). Il analyse notamment la qualité de son étude d’impact. Il fait l’objet d’une évaluation environnementale volontaire.

Ce projet vise la modification de l’usine de potabilisation par l’insertion d’une filière membranaire haute performance et la modernisation des équipements associés. Les modifications portent également sur l’adaptation et le renforcement des installations électriques nécessaires au fonctionnement du site, incluant la création ou l’évolution de postes électriques et des raccordements associés.

Les principaux enjeux environnementaux identifiés par l’Autorité environnementale concernent :

•la gestion des eaux avec le rejet des résidus des infrastructures d’ultra-filtration dans les milieux et l’étude alternative de projets pouvant permettre de réduire à la source les pollutions ;

le bilan carbone du projet et impact sur le climat.

Dans son avis, l’Autorité environnementale recommande notamment de :

étudier les alternatives coût-efficacité, en investissement comme en fonctionnement sur le long terme, entre les mesures de traitement par ultrafiltration retenues et des mesures préventives de réduction à la source sur le bassin d’alimentation du captage ;

revoir l’étude des mesures et des actions mises en oeuvre pour suivre les rejets (micropolluants, PFAS, etc.) de l’usine d’ultrafiltration dans le milieu aquatique, ainsi que les mesures de traitement prévues pour en diminuer l’impact ;

revoir le plan de compensation en prenant en compte les différences de temporalité entre le carbone consommé et le carbone fixé par le financement de plantation d’arbres.

L’Autorité environnementale a formulé l’ensemble de ses recommandations dans l’avis détaillé.

Lire l’avis complet de la MRAe

 

Liste des recommandations de la MRAe

(1) L’Autorité environnementale recommande d’étudier les alternatives coût-efficacité, en investissement comme en fonctionnement sur le long terme, entre la technologie de traitement par ultrafiltration retenue et des mesures préventives de réduction à la source. Elle recommande également de prendre en compte des objectifs et mesures du Sdage en rapport avec la qualité de la ressource en eau et de développer les solutions visant à éviter ou réduire l’impact du rejet des résidus de l’ultrafiltration fortement chargé en polluants dans la Marne

(2) L’Autorité environnementale recommande de consolider la justification de la soutenabilité du projet au regard des prélèvements en eau dans la Marne, face au changement climatique et avec un prélèvement augmenté de 20% par le système d’ultrafiltration. L’Autorité environnementale recommande également d’expliciter les conditions de gestion opérationnelle en période d’étiage sévère, en précisant les modalités de réduction des prélèvements et d’impact global sur l’écosystème dans les situations de tension hydrologique et de changement climatique

(3) L’Autorité environnementale recommande de :

– compléter l’analyse chimique de la Marne pour tracer les principaux néo contaminants pouvant être traités dans la station de potabilisation et d’étudier la mise en oeuvre d’une filière de traitement des résidus et des filtres issus de l’ultrafiltration afin d’éviter leur rejet dans les sols et dans l’eau, notamment pour les molécules résilientes comme les PFAS (PFOS, TFA, …) et autres micropolluants à forte rémanence ;

– renforcer la caractérisation des effluents rejetés par l’usine, en précisant les performances des procédés de traitement pour les différentes familles de substances, notamment les micropolluants et les composés dissous, et d’approfondir l’analyse des impacts des rejets, en particulier à proximité du point de rejet

(4) L’Autorité environnementale recommande de revoir le plan de compensation en prenant en compte les différences de temporalité entre le carbone consommé et le carbone fixé par le financement de plantation d’arbres

Lire l’avis complet de la MRAe

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