« Solution » de la dernière chance au SEDIF

Selon Le Monde et l’AFP, six mois après la suspension de l’appel d’offres suite à la fuite organisée et éventée de documents au bénéfice de Veolia, M. Santini déclare l’appel d’offre terminé ! Il annonce une saisine du TA qui si elle est faite, ne donnera un jugement que dans deux ans, bien après la désignation du délégataire du marché et, à un moment où il sera trop tard pour en changer. Et en revenant aux offres de début avril, il tente de squeezer le débat public sur l’eau potable en Île-de-France qui s’est conclu par un quasi consensus contre le projet du SEDIF d’installer l’osmose inverse basse pression dans ses usines. Un tour de passe passe destiné aussi à masquer la gravité des faits intervenus au SEDIF. Les pouvoirs publics vont-ils laisser faire  ? Extraits ci-dessous.

Veolia-Suez : la bataille en eaux troubles d’Ile-de-France

Le Syndicats des eaux d’Ile-de-France a figé les offres pour un contrat de 4,3 milliards d’euros sur douze ans telles qu’elles étaient avant une fuite de fichiers informatiques. Par Jean-Michel Bezat et Isabelle Chaperon

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Selon plusieurs sources, André Santini, maire (UDI) d’Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) et président du Sedif depuis 1983, a annoncé aux parties prenantes, mardi 17 octobre, que l’appel d’offres était terminé. Il n’y aura pas de remise des « offres finales » comme la procédure lancée en mai 2021 le prévoyait. L’autorité concédante entend fonder son choix sur les « offres intermédiaires » rendues par les candidats à la mi-novembre 2022. Pour finaliser le contrat avec le futur vainqueur de cette compétition au long cours, le Sedif envisage tout au plus « une démarche de mise au point ».

Interrogé, l’établissement public indique qu’il «respecte et continuera à respecter scrupuleusement l’égalité des traitements des candidats. Le calendrier de procédure, tel qu’initialement adapté pour tenir compte du débat public qui s’est conclu le 20 juillet autour du projet “Vers une eau pure, sans calcaire et sans chlore”, n’est pas remis en cause pour une attribution dans les prochains mois avant une entrée en vigueur au 1er janvier 2025»

Le changement de pied du Sedif soulève, pourtant, quelques interrogations. Comment précisément intégrer les demandes apparues lors du débat public si les offres sont figées à une date antérieure? 

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Aux yeux du numéro un mondial de l’eau et des déchets, le Sedif avait collecté suffisamment d’informations avant le couac fatidique pour prendre sa décision. «Veolia et Suez ont chacun remis une offre juridiquement engageante ; elles ont été discutées à deux reprises. Une première fois cinq jours durant, une seconde fois, en février, pendant deux jours. L’offre de Veolia représente plus de 10 mètres cubes de documents. On était presque au bout du processus avant l’incident informatique dont Veolia est victime, plus de 90 % du travail avait été fait», indique un porte-parole de Veolia.

«Nous étions à peine au milieu du gué», conteste un proche de Suez. Une façon de se distancier de la jurisprudence «Transdev»: en toute fin de compétition pour la gestion des transports de la métropole de Lille, l’opérateur avait reçu par erreur une clé USB contenant des éléments de l’offre ultime de son concurrent Keolis (groupe SNCF) et immédiatement alerté la ville. Au terme de la procédure judiciaire en 2017, le Conseil d’Etat n’avait pas exclu Transdev du jeu, mais Keolis l’avait finalement emporté.

Suez ne renoncera à « aucune voie de droit »

Pour Suez, au contraire, les conclusions de l’expert informatique montrent que Veolia avait intentionnellement récupéré des informations confidentielles, ce qui devrait suffire à le disqualifier. Dès lors, la volonté du Sedif de revenir aux offres intermédiaires ne peut que mécontenter Suez. L’industriel a indiqué qu’il ne renoncerait à « aucune voie de droit » pour faire valoir ses intérêts. Recours administratifs, voire plainte pénale pour favoritisme, avec, en ligne de mire, les nombreux élus locaux participants aux instances du Sedif : de quoi faire des remous.

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FIL D’ACTUALITÉS BRÈVE

Bug sur le marché de l’eau francilien: l’appel d’offres reprend

Agence France-Presse

19 octobre 2023

L’appel d’offres pour le plus grand marché de l’eau d’Ile-de-France, secoué par un bug informatique ayant acheminé chez le candidat Veolia des documents réservés au rival Suez, reprend, mais sur la base des offres telles que présentées avant l’incident, a indiqué jeudi l’autorité concédante, le Sedif.

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Après six mois de flou, le Sedif, présidé depuis 1983 par André Santini, a in fine décidé de relancer le processus, en application de « l’arrêt Transdev », a expliqué un porte-parole.

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Entre-temps, le syndicat devra avoir répondu aux conclusions du Débat public, qui l’invite à mieux justifier son projet d’usines de traitement de l’eau à près d’un milliard d’euros. Cette réponse est attendue mi-novembre.

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