De nouvelles associations environnementalistes critiquent le projet du SEDIF. Pour l’ANCA, ce projet, qui favorise le curatif aux dépens du préventif, est une reculade écologique et entérine la pollution en amont de la Marne. L’ENDEMA met en évidence l’inanité des compensations par des économies réalisés chez les usager.es. La question fondamentale est celle du rapport coût bénéfice du projet et de la pertinence des objectifs fixés par le SEDIF dans le contexte actuel. Le CEDRE relève la présence d’espèces protégées qui nécessite une demande de dérogation.
AVIS DES AMIS NATURALISTES DES COTEAUX D’AVRON (ANCA)
Réponse d’ENDEMA93
ENDEMA93 est une association agréée de protection de l’environnement domiciliée à Gagny et intervenant sur 7 communes de la Seine-Saint-Denis dont Neuilly-sur-Marne.
Association CEDRE – La Queue-En-Brie
C.E.D.R.E. Comité Ecologique pour la Défense et le Respect de l’Environnement
Ce projet apparaissant comme vertueux pose un certain nombre de problèmes.
Rejet des polluants filtrés en aval de l’usine
Le procédé consiste à filtrer des polluants qui pour le moment ne sont pas récupérés. Mais le fait de les rejeter en aval de manière concentrée n’est pas acceptable pour la faune et la flore et pour la pollution qui est reportée sur le cours d’eau qui accueille des points de baignade et des sports nautiques.
C’est un non-sens de rejeter les polluants après les avoir traités. Cela reporte la pollution concentrée en aval sur des portions de la rivière où il y a d’autres usines qui traitent les eaux, c’est reporter la pollution plus loin et concentrée, avec les conséquences sur la faune et la flore qui ne sont pas correctement évalués.
Nous sommes avec ce procédé dans le curatif de toujours plus de polluants de plus en plus complexes. Il serait beaucoup plus judicieux de s’attaquer au véritable problème celui de la prévention en oeuvrant pour la diminution de l’utilisation des pesticides et engrais utilisés en agriculture conventionnelle par l’aide à l’installation d’exploitations agricoles biologiques par exemple.
En incitant à plus de contrôles des rejets dans les rus se jetant dans la Marne en s’attaquant aux systèmes unitaires qui rejettent par l’intermédiaire de déversoirs d’orage les eaux usées directement dans les cours d’eau avec des contrôles insuffisants.
De plus l’augmentation des prélèvements d’eau par rapport à l’existant (+30%) est problématique en ces périodes de sécheresse où les demandes sont en augmentation croissantes (avec l’implantation des data center en région Ile de France, besoin en eau des centrales nucléaires) cette augmentation de prélèvement d’eau va à l’encontre de l’objectif de diminution des prélèvements d’eau de 14% demandé par le Plan eau.
Un projet consommateur d’énergie supplémentaire
Le procédé demande une surconsommation d’électricité de 55%, dans une période où l’énergie doit être contenue. C’est contraire aux préconisations de sobriété énergétique prôné par le PCET.
Un coût supplémentaire supporté par le consommateur
Le coût sera supporté par les consommateurs qui verront leur facture augmenter de 60 centimes par m3. Pourquoi le consommateur devrait être le seul à supporter ce traitement coûteux alors que les principales pollutions sont générées par les agriculteurs conventionnels et les industriels. Le bénéfice qu’en retireront les consommateurs n’est pas un argument opérant, le problème étant complexe et nécessitant des éléments de comparaison impossibles à effectuer. Il est nécessaire de poursuivre les études relatives à la tarification progressive de l’eau afin d’inverser la tendance à toujours plus de consommation.
La présence d’espèces protégées nécessite une demande de dérogation
Le site accueille des espèces protégées comme les chauves-souris. Certains bâtiments qui doivent être démolis ou modifiés sont identifiés comme susceptibles d’accueillir des gites. L’étude d’impact indique la présence de gites avérés (p.128). 4 espèces de chauves-souris ont été détectées. (p.118)
La mesure de réduction 06 envisage l’installation de gites à chiroptères.
Par conséquent, la demande de dérogation à destruction d’espèces protégées nous semble indispensable. Et il n’est pas établi que l’impact sur la faune est faible.