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Le talon de fer de la Lyonnaise

VOIR AUSSI: La Lyonnaise dans les Yvelines- 78

La Lyonnaise à Courgent – 78

La Lyonnaise à Poissy – 78

La Lyonnaise à Mantes – 78



La Lyonnaise des eaux (Suez), seconde multinationale de l’eau dans le monde derrière Véolia, rêve de passer pour une entreprise socialement responsable. Elle ne lésine pas sur les moyens, à preuve sa dernière campagne de communication, ainsi répercutée dans Le Monde :  « A Dunkerque, la Lyonnaise des eaux se lance dans la tarification progressive ». Nous qui croyions naïvement que, dans une délégation de service public (DSP), c’était les élus, les donneurs d’ordre, eux qui prenaient toutes les décisions importantes comme le tarif et que l’entreprise prestataire était là pour exécuter leur politique ! On voit que là où sévit Suez (comme Véolia ou la Saur), ce n’est pas le cas, c’est l’entreprise (et son intérêt particulier) qui commande : il y a quelque chose de pourri au royaume de la DSP !


Plus fort encore, selon l’hebdomadaire Marianne, la multinationale aurait saisi un « cabinet de conseil en stratégie de communication et gestion de crise », pour discréditer le choix politique de l’agglomération des Lacs de l’Essonne de créer une régie publique de l’eau et de chercher à se fournir auprès d’Eau de Paris plutôt qu’auprès de la filiale locale de Suez. Le cabinet se serait proposé de « limiter et réduire, en la discréditant sur le fond, la communication » de la Régie publique. Mais surtout, d’ « empêcher in fine la collaboration entre Eau des Lacs de l’Essonne et Eau de Paris ». Ces révélations témoignent de la violence que les multinationales de l’eau sont capables de mettre en œuvre pour maintenir leur position hégémonique. Gabriel Amard, président de l’agglomération des Lacs de l’Essonne, a porté plainte pour trafic d’influence.
La Coordination EAU Île-de-France soutient bien sûr le combat de cet élu courageux et déterminé.


>>>Pour en savoir plus, lien avec le dossier sur le site de la régie ICI


Mais la Lyonnaise ne rechigne pas à s’attaquer directement aux usagers récalcitrants ! A Courgent, dans les Yvelines, le maire a confié en catimini la distribution de l’eau à la Lyonnaise avec pour résultat, le doublement ou le triplement de la facture pour les usagers ; ceux qui consomment le moins étant les plus pénalisés ! A cette occasion, la Lyonnaise a même ajouté à ses méthodes « sociales », l’entrée par effraction (avec découpage du grillage) pour changer le compteur !!! Heureusement les usagers ne se laissent pas faire ; ils ont créé l’Association pour le retour en régie publique de l’eau à Courgent (membre de la Coordination Eau Île-de-France), ont déposé un recours pour faire constater l’illégalité de ce contrat et même organisé une grève des factures. La Lyonnaise et le maire les menacent maintenant de leur couper l’eau !

Pour ne pas les voir écrasés par le talon de fer de la Lyonnaise, une rencontre publique aura lieu
Samedi 20 octobre, à 14h30
A l’hôtel « Le Crépuscule », route des Longs Champs, à Houdan



Avec la participation de :
Gabriel Amard, président de la communauté d’agglomération des Lacs de l’Essonne
Maurice Martin, président de l’association Arep Camy (Mantes en Yvelines)
Jean-Claude Oliva, président de la coordination Eau Île-de-France
Jean-Luc Touly, conseiller régional d’Île-de-France et ex-employé de Véolia

Une page se tourne à Est Ensemble

Lire l’article paru sur le mag Est Ensemble ICI

La démission de Bertrand Kern de la présidence de l’agglomération Est Ensemble constitue selon celui-ci la fin de « la première phase de mise en place ». Le débat sur la gestion de l’eau a fortement marqué les débuts de l’agglomération. Avec de nombreuses associations et citoyens et une partie importante des élus du conseil communautaire, la Coordination EAU Île-de-France s’est opposée à l’adhésion au SEDIF et a finalement obtenu gain de cause au tribunal administratif. Bien entendu, ce combat n’était pas dirigé contre des élus mais visait à ouvrir la possibilité d’une gestion publique. C’est le cas maintenant et la communauté d’agglomération se trouve au pied du mur : il y a un choix à faire, un choix économique, politique, écologique.

Le magazine hors-série Est Ensemble, adressé à tous les habitants de l’agglomération, pointe d’ailleurs la gestion de l’eau potable dans « les enjeux de demain ». L’article indique que l’adhésion au SEDIF « n’était pas un parti pris politique ». Dont acte. Mais on a du mal à comprendre que « «la seule alternative aurait été d’acheter directement de l’eau à Véolia » (sic) : le réseau est celui du SEDIF, Véolia n’est que son délégataire. L’alternative c’était de continuer, le temps de la mise en place d’une régie, avec le SEDIF sans y adhérer … comme c’est d’ailleurs le cas aujourd’hui ! Décidément, les arguments en faveur de l’adhésion au SEDIF ne sont pas avouables, pas plus aujourd’hui qu’hier !

Dans le même article, on apprend qu’ « Est Ensemble a décidé de faire appel de cette décision (du tribunal) pour le principe ». Cela semble plutôt léger comme motif, les juges apprécieront ! Plus important, l’article confirme que l’agglomération attendra jusqu’au printemps prochain les conclusions d’une nouvelle étude pour arrêter sa décision entre une ré-adhésion au SEDIF et un partenariat avec Eau de Paris. Plus question donc dans l’immédiat d’adhésion au SEDIF (1), contrairement aux prédictions imprudentes entendues ici ou là ! Et, un an avant les élections municipales, choisir le SEDIF et Véolia ne sera pas la meilleure façon d’entrer en campagne pour des élus…

Un nouveau cycle commence : souhaitons pour la réussite de cette agglomération et son avenir, qu’il soit celui de la mise en place d’un véritable service public de l’eau. Et faisons plus que le souhaiter, continuons à agir ensemble !

(1)Au passage, remarquons que l’article 46 du contrat entre le SEDIF et Véolia, qui concernait Est Ensemble, est définitivement caduc car sa validité nécessitait une adhésion d’Est Ensemble dans les deux ans après la signature du contrat, soit jusqu’à juin 2012.

Du glycol toxique dans l’eau potable de 500 000 habitants ?

La présence d’éthylène glycol est attestée par le rapport annuel 2009, dans les eaux brutes utilisées pour l’usine de production d’eau potable d’Annet-sur-Marne, exploitée par la SFDE (Véolia). Il s’agit d’un produit toxique utilisé comme antigel pour les avions.

Les eaux pluviales de l’aéroport Roissy-CDG sont rejetées dans la Marne, 500 mètres en amont de de la prise d’eau de l’usine d’Annet.

Ces dernières années, ces rejets ont considérablement augmenté, grâce à une dérogation préfectorale accordée en 2008 et renouvelée en 2012.

Malgré les démarches engagées dès 2010 par l’association Action verte Roissy, Val Maubuée (AVRVM) et plusieurs collectivités territoriales, et une lettre de Nature Environnement 77 au ministère de l’environnement, il n’existe actuellement aucune garantie sérieuse que la situation ne se reproduise pas l’hiver prochain.

Plutôt que de prendre les précautions nécessaires, c’est l’omerta qui règne sur l’usage de l’éthylène glycol : quid, par exemple, des résultats des analyses de l’hiver 2010-2011, particulièrement rigoureux ?

Cette situation alarmante a conduit l’AVRVM, la Coordination EAU Île-de-France, les Eco-citoyens de Lagny et des environs, et plusieurs usagers, à demander aux principaux acteurs (Véolia eau, ADP, le préfet de Seine et Marne et l’Agence régionale de santé) de fournir tous les documents d’information à ce sujet.

Les documents reçus font apparaître de graves lacunes dans la mise en œuvre des dérogations préfectorales et, surtout, que le problème de la présence de l’éthylène glycol n’est toujours pas résolu.

Compte tenu d’une contamination de l’eau avérée depuis les premières dérogations données en 2008, il y a urgence à appliquer le principe de précaution en éliminant l’éthylène glycol de l’eau potable produite par l’usine d’Annet-sur-Marne.

Gaz et pétroles de schiste : la mobilisation continue

VOIR LE DOSSIER DE PRESSE/TV/RADIO de la journée

La première journée internationale d’actions contre les gaz et pétrole de schiste du 22 septembre a été une réussite. Y compris en France, malgré les récentes déclarations de François Hollande. Les collectifs citoyens et organisations mobilisées ne manquent pas de raisons pour renforcer et étendre leurs actions,notamment dans la perspective du débat national sur la transition énergétique.

Ce 22 septembre s’est tenue la première journée internationale d’actions coordonnées contre les gaz et pétrole de schiste, contre la fracturation hydraulique mais également pour repousser avec force la propagande actuellement déployée par l’industrie pétrolière et gazière pour promouvoir ses projets dévastateurs. De la Pennsylvanie à la Bulgarie, en passant par le Texas et l’Afrique du Sud, près de 150 actions ont été organisées dans la très grande majorité des pays concernés : Etats-Unis, Canada, Mexique, Argentine, Irlande, Royaume-Uni, Espagne, Allemagne, Pays-Bas, Autriche, République Tchèque, Bulgarie, Roumanie, Australie, Afrique du Sud, etc. Preuve que la France est loin d’être une exception, à l’inverse de ce que clament industriels et éditorialistes pro-gaz de schiste, oubliant que la fracturation hydraulique fait l’objet d’interdictions, de moratoires ou de restrictions dans plusieurs centaines de lieux de la planète, y compris aux Etats-Unis (voir cet article pour un tour d’horizon quasi-exhaustif des mobilisations contre les gaz et pétrole de schiste).

En France, ce sont plus de 3500 personnes qui se sont réunies autour d’une journée de forums et actions à Saint-Christol les Alès (Gard), près de 1000 à Tournant en Brie (Seine-et-Marne), plus de 2500 à Aix les Bains (Savoie), 500 à Beaumont de Lomagne (Tarn-et-Garonne), une action symbolique sur le Trocadéro, une autre à Strasbourg, etc. Preuve que les déclarations de François Hollande lors de l’ouverture de la Conférence environnementale n’ont pas mis fin à la mobilisation citoyenne. Comment pourrait-il en être autrement alors que des dizaines de permis concernant les gaz de schiste sont toujours valides ou en cours d’instruction ? Si « personne ne peut affirmer que l’exploitation des gaz et huiles de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd’hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et l’environnement » comme l’a affirmé le Président de la République, alors il faut mettre fin à l’ensemble des permis ou demande de permis qui ont pour cible l’exploration et l’exploitation des pétroles de gaz de schiste.

Pour les collectifs citoyens réunis en coordination nationale, « il n’y a plus, aujourd’hui, en France, de gisements d’hydrocarbures accessibles sans stimulation ou techniques néfastes pour l’environnement à court, moyen et très long terme ». Compte-tenu du flou entretenu par les entreprises détentrices de ces permis, dont la majorité se gardent bien de déclarer vouloir utiliser la fracturation hydraulique pour ne pas tomber sous le coup de la loi, seule une détermination sans faille sur le terrain et une vigilance à toute épreuve permettront de mettre sous le feu des projecteurs médiatiques ces permis oubliés par le gouvernement. C’est donc sans doute un par un que l’on obtiendra l’abrogation des permis existants et le rejet des demandes en cours d’instruction par l’administration.

Gaz et pétroles de schiste: ce n’est pas fini !


La Coordination EAU Île-de-France appelle à participer à la journée internationale d’action contre la fracturation hydraulique:

22 septembre 2012

JOURNÉE DE MOBILISATION INTERNATIONALE

à Paris >>VOIR ICI

en Seine et Marne >>VOIR ICI

 

« Gaz de schiste, c’est terminé ? ». C’est ce que le discours du Président de la République à la Conférence environnementale de ce week-end laissait croire. Pourtant, seulement un infime pourcentage de permis a été annulé; le bassin parisien est toujours en danger.



Nous sommes directement concernés dans notre région, avec de nombreux permis de recherches en cours ou en instruction, en Seine-et-Marne surtout. Dans le bassin parisien, il n’y a pas de gaz de schiste, mais du pétrole de schiste (huile de roche mère). Les territoires menacés par l’exploration de l’huile de roche mère sont concernés par :

o des permis de recherche accordés par M. Borloo en 2009 et pour lesquels des demandes de travaux ont été accordées par la préfecture (par exemple le permis de Château Thierry et les demandes de travaux accordées à Doue),

o 12 nouvelles demandes de permis en cours d’instruction,

o des concessions d’exploitation accordées il y a longtemps et sur lesquels les compagnies peuvent faire des recherches. Certaines d’entre elles ont déjà demandé et obtenu des autorisations de travaux portant sur des forages profonds (3000 mètres) et horizontaux dont la cible est clairement la roche mère. C’est probablement là que le danger est le plus immédiat (exemple de la concession de Nonville).

Par ailleurs, tant que la loi du 13 juillet (dite loi Jacob[2]) n’est pas modifiée, les forages profonds à titre d’expérimentations scientifiques ne sont pas formellement interdits en France. C’est de cette façon que des travaux doivent recommencer cet autonome en Seine-et-Marne (notamment à Doue).



La ressource en eau est particulièrement menacée par ces forages qui nécessitent de très importantes quantités d’eau. Chaque fracturation envoie 15 à 20 000 m3 d’eau dans un puits et un même puits peut être fracturé une dizaine de fois ! Cela conduit à une situation tendue entre agriculteurs et pétroliers, en ce moment même, aux Etats-Unis, pays pionnier de cette technique. La nappe du Champigny, en Seine et Marne, déjà fortement sollicitée par l’agriculture et par la production d’eau potable, voit son niveau baisser depuis des années et des restrictions de consommation sont décidées régulièrement. Il n’y a pas besoin d’en rajouter !


Les nappes phréatiques traversées par les forages risquent d’être contaminées de façon irréversible par les dizaines de substances chimiques, injectées avec l’eau lors de la fracturation.


Les rejets, très pollués, de ces installations ne trouvent pas de traitement satisfaisant et leur entreposage constitue autant de bombes à retardement pour l’environnement et la santé.


Autant de raisons d’agir pour l’annulation des permis et l’arrêt des recherches pétrolières en cours !


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RÉACTION DES COLLECTIFS CITOYENS À L’ANNONCE DE FRANÇOIS HOLLANDE

Collectif citoyen Ile-de-France « Non aux gaz et pétrole de schiste », Collectif Carmen, Collectif Briard, Collectif Sud 77 Stop-pétrole-de-schiste, Non au pétrole de schiste Bocage gâtinais, Collectif 92


Pétrole de schiste en Ile-de-France : pourquoi le Bassin parisien est-il toujours en danger ? Pourquoi est-il faux de dire que « la France ferme la porte aux gaz et huile de schiste » ?

 

« Gaz de schiste, c’est terminé ? ». C’est ce que le discours du Président de la République à la Conférence environnementale de ce week-end laissait croire. Pourtant, au-delà de l’effet d’annonce escompté, il n’a évoqué que le rejet des 7 demandes de permis en cours d’instruction. 7 sur combien ? Qu’en est-il des autres projets ? Au vu du raccourci fait par presque tous les medias entre « les 7 demandes rejetées» et « la fin des gaz de schiste », un exercice de calcul s’impose.


Afin de clarifier le propos, les collectifs mobilisés contre l’exploitation du pétrole (huile) de schiste dans le Bassin parisien tiennent à porter à l’attention du public et de la presse les précisions suivantes :


Tout d’abord, notez que les 7 demandes rejetées étaient des demandes de nouveaux permis et non pas des permis accordés. Le rapport « Les Hydrocarbures de roche mère en France » publié en mars 2012 par le CGIET et le CGEDD identifie clairement 39 autres demandes de permis de recherche portant sur l’exploration d’huile et de gaz de roche mère (elles étaient donc 46 avant l’annulation annoncée le 14 septembre). Cette liste peut être consultée en ligne : http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Annexes_rapport.pdf. Aucune annonce n’a été faite concernant les 39 demandes restantes.


Quant aux permis de recherche déjà accordés, au 1er janvier 2012, 64 étaient en validité. Nicolas Sarkozy en abroge 3 (Nant, Montélimar et Villeneuve de Berg), ce qui en laisse 61 permis, dont la documentation peut être consultée sur http://www.nongazdeschiste.fr/index.php/savoir-lessentiel/173-les-permis/64-liste-des-permis-exclusifs-de-recherches-dhydrocarbures-liquides-ou-gazeux-titres-miniers-dexploration. Ils sont toujours en cours de validité.


Pour ce qui concerne le bassin parisien[1],

Dans le bassin parisien, il n’y a pas de gaz de schiste, mais du pétrole de schiste (huile de roche mère).

Les territoires menacés par l’exploration de l’huile de roche mère sont concernés par :

o des permis de recherche accordés par M. Borloo en 2009 et pour lesquels des demandes de travaux ont été accordées par la préfecture (par exemple le permis de Château Thierry et les demandes de travaux accordées à Doue),

o 12 nouvelles demandes de permis en cours d’instruction,

o des concessions d’exploitation accordées il y a longtemps et sur lesquels les compagnies peuvent faire des recherches. Certaines d’entre elles ont déjà demandé et obtenu des autorisations de travaux portant sur des forages profonds (3000 mètres) et horizontaux dont la cible est clairement la roche mère. C’est probablement là que le danger est le plus immédiat (exemple de la concession de Nonville).

Par ailleurs, tant que la loi du 13 juillet (dite loi Jacob[2]) n’est pas modifiée, les forages profonds à titre d’expérimentations scientifiques ne sont pas formellement interdits en France. C’est de cette façon que des travaux doivent recommencer cet autonome en Seine-et-Marne (notamment à Doue).


Enfin, contrairement à la position du PS 2011, celle qui a motivé le refus du vote de la loi du 13 juillet par les députés socialistes[3], dans ses déclarations, François Hollande Président ne s’oppose qu’à la fracturation hydraulique et ne ferme en rien la porte à d’autres techniques en cours d’expérimentation (fracturation pneumatique, fracturation par injection de propane gélifié, etc.).


Pour toutes ces raisons :


Nous appelons à maintenir et à renforcer la mobilisation jusqu’à l’abrogation définitive de TOUS les permis accordés, le rejet de TOUTES les demandes de permis en cours d’instruction et l’interdiction, sanctionnée par le législateur, des forages pétroliers expérimentaux à grande profondeur, y compris quand ces derniers sont menés sur des concessions déjà accordées.



[1] Du point de vue géologique, le bassin parisien est une zone d’environ 110 000 km carrés (chiffre retenu par l’Amicale des Foreurs). Cette zone est constituée de plusieurs régions : l’Île-de-France, la Picardie, la Champagne Ardennes, le Centre, la Basse et la Haute, l’Yonne et la Sarthe.

[2] Loi n° 2011-835 du 13 juillet 2011 publiée au Journal Officiel du 14 juillet 2011

[3] Dans l’exposé des motifs, les députés socialistes qui ont présenté cette proposition – parmi lesquels Jean-Marc Ayrault, Arnaud Montebourg ou Aurélie Filippetti – assurent : »Le texte adopté n’interdit nullement l’exploration et l’exploitation d’autres hydrocarbures non conventionnels. Il interdit simplement la fracturation hydraulique […] Or, d’autres techniques existent et sont aussi impactantes pour l’environnement que la technique interdite par le texte. ». Source : Gaz de schistes : Hollande ferme la porte à la fracturation hydraulique. Le Monde.fr | 14.09.2012

Communauté de communes de Mantes – 78

AREP-CAMY vs Veolia
Rétrospective sur la bataille engagée à Mantes dans les Yvelines

publié sur le site H20 magazine voir ci


L’Association pour le retour de l’eau en régie publique dans la communauté d’agglomération de Mantes en Yvelines – AREP-CAMY, a été créée le 15 juillet 2009, à l’initiative de Maurice Martin, professeur retraité. Autour de lui, trois autres personnes, tout juste de quoi constituer légalement un bureau. Qu’à cela ne tienne : l’association pose sur la table de la collectivité le débat sur l’eau ; son objectif : faire revenir la Communauté d’agglomération de Mantes en Yvelines (CAMY) à une régie publique de l’eau. Regroupant alors 12 communes, la CAMY a hérité de situations diverses en fonction de l’historique de chaque commune : si toutes étaient en délégation de service public, deux secteurs subsistaient : Guerville et Mantes-la-Ville, en délégation avec Lyonnaise des Eaux (alors filiale de GDF Suez) et Drocourt en délégation avec la SFDE tandis que les neuf autres étaient en délégation avec Veolia. Une majorité de contrats d’assainissement arrivait d’ailleurs à terme, alors que l’agglomération attendait la livraison d’un important investissement ayant concerné la construction d’une nouvelle station d’épuration à Rosny, pour un montant global de 45 millions d’euros.


Une année pour créer le débat – L’Association pour le retour de l’eau en régie publique (AREP-CAMY) arrivait donc à point nommé pour faire du remous. Un premier meeting, organisé le 29 mai 2009, avait précédé sa création ; à la tribune figuraient, autour de Maurice Martin, Marc Jammet, conseiller municipal du Parti Communiste, Djamel Nedjar, adjoint au maire le Limay et président du Syndicat mixte d’assainissement de la rive droite (Limay, Fontenay-Saint-Père et Guitrancourt) Jean-Luc Touly, président de l’Association pour le contrat mondial de l’eau (ACME) et membre du conseil scientifique d’ATTAC et Marie-José Kotlicki, auteur du rapport du Conseil économique et social sur les activités économiques dans le monde liées à l’eau. Un cinquième invité, David Querret, était venu présenter un « cas pratique », non des moindres : celui du retour en régie directe de la banlieue sud de l’agglomération de Rouen.


Le 24 septembre 2010, l’AREP-CAMY organisait une soirée ciné-débat autour du film Water makes money. 13 000 tracts d’invitation avaient été distribués à travers toute l’agglomération. Seulement 80 personnes assistaient à la soirée, de nombreux syndicalistes étant sans doute à Paris, où venait de s’achever une manifestation sur les retraites. La soirée fut tout de même particulièrement animée, un petit groupe de cadres de Veolia et de Suez étant venu perturber la discussion. Cette initiative impromptue a du coup donné l’idée à l’association d’éditer un tract en direction des personnels des entreprises délégataires leur assurant que leurs intérêts de salariés étaient tout à fait conciliables avec ceux des citoyens.


Trop sûrs d’eux – La mobilisation était devenue suffisante pour inciter la CAMY à commander un « audit » auprès du cabinet spécialisé SP 2000, pour « étudier toutes les possibilités » à l’échéance des contrats. Si SP 2000 dépend de l’Association des maires de France (AMF) et de la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), le débat était néanmoins officialisé.

Le document de l’audit était remis en novembre 2010. 114 pages facturées à l’agglomération 53 000 euros et qui concluaient que la reprise de l’intégralité du service en régie se solderait pour l’agglomération par un surcoût de 4,3 à 6,5 millions d’euros. À l’issue des vacances de fin d’année, l’association présentait sa contre-offensive : un mémorandum de six pages relevant « de A à Z » toutes les carences et les insuffisances de l’audit. Le mémorandum était évidemment adressé aux élus ainsi qu’au trésorier payeur général des Yvelines, en vertu de la jurisprudence Commune d’Olivet, habilité à se prononcer sur le contrat de délégation.

Tout est pareil sauf le prix – L’alerte faite au TPG, et par ses soins transmise au sous-préfet ainsi qu’au président de l’agglomération, allait marquer le pas. « Eau publique contre eau privée » titrait le journal local Le Courrier de Mantes en expliquant pourquoi les habitants de Follainville-Dennemont payaient 3,57 euros le mètre cube d’une eau issue des mêmes captages, transportée par les mêmes tuyaux que l’eau desservie dans la commune limitrophe de Limay à 2,71 euros. Trop beau, le cas d’école était repris par l’association de consommateur UFC-Que Choisir, apte à élargir l’audience…


Le 19 mai 2011, le Journal de la Camy annonçait aux 24 000 foyers de l’agglomération la baisse du prix de l’eau, « fruit d’une longue négociation » entre la communauté d’agglomération et Veolia, le délégataire : moins 30 % et même de moins 55 % pour les 49 premiers mètres cubes, représentant une économie de 110 euros par an pour 120 m3. L’abonnement passait lui-même de 66 à 18 euros. 10 000 euros étaient provisionnés pour les impayés des familles en difficulté. En prime, s’ajoutait une assurance gratuite en cas de fuites. Le changement des branchements au plomb, déjà provisionnés par le délégataire à hauteur de 3,5 millions d’euros, était engagé. Enfin, l’agglomération reprenait le contrôle des effectifs et des « frais de siège ». Les dispositions devaient entrer en vigueur le 1er juillet 2011 pour les neuf communes de l’agglomération desservies par Veolia.


Contreparties – En échange de ces concessions, Veolia a obtenu la prorogation de son contrat jusqu’en 2018 ; la baisse des tarifs ayant rendu les contrats plus avantageux pour les consommateurs, ces contrats ne sont plus soumis à l’obligation de réexamen par le TPG. Mais une nouvelle perspective s’ouvrir en même temps à l’industriel : celle de voir son aire s’action s’élargir considérablement. Sous contrainte de la réforme territoriale, de 12 communes, l’agglomération est effectivement passée à 17 au 1er janvier 2011 ; et ces 17 communes seront rejointes par 5 nouvelles dès 2012 et encore 13 autres d’ici fin 2013, pour totaliser 35 communes, soit environ 110 000 habitants. L’AREP-CAMY a donc entrepris une nouvelle bataille : convaincre les nouvelles communes (certaines sont toujours en régie publique) « d’échapper » à Veolia au moins jusqu’à l’échéance de leur contrat (ce qui est légalement possible).


Le combat se poursuit donc, avec encore plus d’acharnement et un seul objectif : le retour à la régie publique pour tous.


Mantes Eau Publique voir ici