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Espagne : quand l’eau devient un luxe

Pour faire face à la crise et remplir leurs caisses, les communes privatisent à tout-va y compris la gestion de l’eau. C’est le cas de la ville d’Aviles en Espagne. Mais cette mesure est loin d’avoir des retombées positives pour les habitants qui ont vu leurs factures augmenter. Un reportage de Carolin Ollivier et Sandrine Mercier pour ARTE Journal.>>>voir la vidéo ICI

Depuis le début de l’année, une initiative européenne a donc été lancée pour que l’eau ne soit pas une marchandise mais un bien qui profite à tous les citoyens.

SIGNEZ L’INITIATIVE CITOYENNE EUROPEENNE !! >>>ici

Eau en bouteille : enquête choc sur la qualité

Traces de médicaments et pesticides dans 10% des eaux en bouteille

Des traces de pesticides et de médicaments, dont un pour traiter le cancer du sein, ont été décelées dans environ 10% des eaux en bouteille, sans toutefois remettre en cause leur potabilité, révèle lundi une étude de 60 millions de consommateurs et de la Fondation France Libertés.

« A court terme, il n’y a absolument aucun problème de qualité. Ces eaux sont parfaitement buvables », insiste le rédacteur en chef de 60 millions de consommateurs, Thomas Laurenceau, interrogé par l’AFP. « On est dans l’ordre de l’ultra-trace, du millième de micron, c’est vraiment minuscule », a-t-il précisé.

L’enquête « ne met absolument pas en cause l’honnêteté des embouteilleurs », mais interroge la contamination de l’environnement par les pratiques humaines, ajoute-t-il. « Il y a inquiétude sur la qualité de la ressource globale », résume M. Laurenceau, qui appelle, avec France Libertés, à « la remise à plat des normes de qualité » prenant en compte les nouveaux polluants.

L’analyse a porté sur 47 bouteilles d’eau, trois bonbonnes d’eau, et une dizaine d’échantillons d’eau du robinet prélevés dans trois départements.

Sur les bouteilles d’eau étudiées — portant sur l’ensemble du marché –, 37 ne présentaient aucune trace des 85 molécules recherchées. Dix en revanche contenaient des résidus de médicaments et pesticides.

« La grande surprise », écrit 60 millions de consommateurs, est la présence de tamoxifène, hormone de synthèse utilisée dans le traitement du cancer du sein, dans la Mont Roucous, Saint Yorre, Salvetat, Saint Armand (Du Clos de l’abbaye) et Carrefour Discount (Céline Cristaline).

La teneur est « infime » mais c’est « suffisant pour qu’on s’interroge sur la pureté originelle imposée par la règlementation des eaux minérales », souligne le magazine, qui précise avoir procédé deux fois à l’analyse des échantillons après contestation de la part des embouteilleurs des premiers résultats et de la méthodologie employée accusée de produire de « faux positifs ».

« La seconde analyse a confirmé cette présence, sans que nous soyons en mesure d’en expliquer l’origine », écrit 60 millions de consommateurs. « L’affaire est suffisamment sérieuse pour qu’on lance des analyses à plus grande échelle », estime M. Laurenceau.

Potentiels effets cocktail

Du Buflomédil et du Naftidrofuryl, des vasodilatateurs, ont été également détectés dans l’Hepar, pour le premier, et dans la Saint Amand pour le second.

Par ailleurs, des traces d’Atrazine et d’Hydroxyatrazine, des désherbants pourtant interdits en 2001 mais très persistants, ont été trouvées dans la Vittel (Grande source), la Volvic (Clairvic), la Cora (Saint-Pierre), et la Cristaline (Louise).

« Ce qu’on en retire, ce n’est pas de dire que telle marque est plus risquée qu’une autre. Il n’y a pas les bons et les mauvais. Sur l’ensemble des marques, il y a un problème », poursuit M. Laurenceau. « Les embouteilleurs sont extrêmement prudents mais ça interpelle de voir qu’il peut y avoir (des micropolluants), même si c’est infinitésimal, qui ne devraient pas être là ».

Et l’eau du robinet ? Sur 10 prélèvements, huit contiennent une à quatre molécules sur les 85 recherchées, principalement des pesticides mais aussi des résidus de médicaments dont, à nouveau, du tamoxifène décelé notamment en milieu urbain (Rennes et Limoges).

Enfin, sur les trois bonbonnes, des traces de Diéthylphtalate ont été trouvés dans l’Obio, et de Bisphénol A, d’Atrazine et de retardateur de flamme dans la Culligan Val-de-Marne.

« Si tous les micropolluants sont ici présents en très faibles teneurs, leur variété interroge sur les potentiels effets cocktail », souligne 60 millions de consommateurs.

Le magazine et France Libertés, qui ont lancé en 2011 l’Opération transparence sur l’eau, ont publié en mars une carte de la qualité de l’eau potable en France, montrant que les seuils limites en polluants étaient dépassés dans près de 420 communes grâce à des dérogations, sans risque sanitaire immédiat.

JOURNEE DE LA JUSTICE SOCIALE DE L’EAU

C’est le 25 mars au Forum social mondial à Tunis.
 Avec l’aggravation de la crise de l’eau à travers le monde, nous, défenseurs de l’eau comme droit humain et bien public, voyons le problème comme politique. La crise de l’eau met en évidence à quel point l’injustice et la dévastation de l’environnement sont intrinsèquement liés à l’agenda mondial du néolibéralisme. Pendant que des entreprises se bousculent pour acquérir un plus grand accès aux ressources d¹eau limitées afin de leur assurer une croissance économique continue, nous sommes des communautés et des organisations de solidarité qui affirment notre droit de défendre les sources d’eau pour les gens et la planète. Parce que l’eau est une question transversale qui est au coeur de bon nombre de luttes pour la justice, nous allons organiser une Journée de la justice de l’eau avant le Forum social mondial qui permettra à des groupes de se rapprocher et de partager stratégies et idées.
Objectifs :
– Réunir les principaux alliés du mouvement de l’eau
– Explorer les défis, opportunités et tendances de discussions stratégiques pour le mouvement pour la justice sociale de l’eau en mettant l’accent sur les stratégies et les solutions actuellement employées
– Parcourir les intersections avec d’autres secteurs / luttes (climat, mines, barrages, luttes anticoloniales)
– Écouter les mises à jour de militants engagés dans les luttes clés
– Partager des stratégies pour la justice de l’eau
– Relier les défenseurs de la justice de l’eau de partout avec les mouvements tunisiens
– Lier les campagnes mondiales avec les luttes en faveur de la justice locale de l’eau au Maghreb et ailleurs dans le monde
A l’invitation de :
Blue Planet Project, Comitato Italiano Contratto Mondiale sull’acqua, Onlus, Cicma Onlus, European Water Movement, Eyes Network, Federación española de Ingeniería Sin Fronteras, Focus on the Global South, Food and Water Watch / Food and Water Europe, France Libertés, Jubilee South Asia Pacific Movement on Debt and Development, Indigenous Environmental Network, International Rivers, Institute for Agriculture and Trade Policy, The Italian Forum of Water Movements, Les Petits Debrouillards, Polaris Institute, Public Services International, Transnational Institute, Via Campesina
Date: 25 mars 2013; 13h-19h
Université de Tunis, Bd du 9 Avril 
Pour de plus amples renseignements, veuillez contacter :

Crise à Veolia et nouvelles perspectives

Départs « volontaires » ou retraites non dorées, c’est un plan massif de suppressions d’emplois qui est annoncé à Veolia Eau. Il faut y ajouter un millier de salariés qui sont ou seront repris dans les nouvelles régies. Sur un total actuel de 15 000 personnes, cela donne l’ampleur du choc à venir.

La dérive de l’entreprise remonte aux années Messier où l’argent ponctionné sur les usagers de l’eau a coulé à flots dans des aventures financières extravagantes aux USA. Il reste une dette qui, selon les dirigeants de l’entreprise, s’élève aujourd’hui encore à plus de 11 milliards d’euros !

Cela a conduit depuis plusieurs années à la chute du cours des actions de Veolia, dans un contexte de perte de nombreux contrats, en France comme à l’étranger, et de perte de ses marges avec des baisses de tarifs de 20% au minimum dans les contrats renouvelés. Une crise que la multinationale veut régler à présent sur le dos des salariés. Cette situation n’est pas unique dans le petit monde des multinationales de l’eau : la SAUR est menacée de liquidation judiciaire à brève échéance.

 

La Coordination Eau Île-de-France réaffirme que – seule – la gestion publique, non confiée au privé, permet le maintien de l’emploi. En garantissant à la fois un « juste » tarif de l’eau pour les usagers et les acquis sociaux pour les personnels, elle unit les intérêts des citoyens et des salariés.

La main tendue aux salariés de Veolia

 

La Coordination Eau Île-de-France comprend et partage les inquiétudes des salariés de Veolia qui ne sont nullement responsables des pratiques de leur entreprise. Elle rappelle que les dispositions du Code du Travail obligent les régies rétablies à embaucher en priorité les salariés volontaires des entreprises dont les activités ont été remunicipalisées.

 

La Coordination Eau Île-de-France met en garde contre la dégradation inévitable du service à laquelle ces mesures vont conduire, un danger qui est dénoncé à juste titre par les syndicats. Elle appelle les élus, maires et présidents d’agglomération, qui ont confié la gestion de l’eau au privé, à reprendre le contrôle de cette ressource vitale pour garantir sa qualité.

 

Amplifier le débat à l’occasion des municipales

Dans notre région de nombreuses actions sont en cours pour le retour à une gestion publique de l’eau. C’est le cas dans le 78, dans l’agglomération de Mantes, à Courgent et aux Mureaux ; dans le 91, dans l’agglomération du Val d’Orge ; dans le 93, dans l’agglomération Est Ensemble ; dans le 94, dans l’agglomération Seine amont, etc.  Et les mêmes questions se posent aussi dans le 92, au syndicat de la presqu’île de Gennevilliers. A l’occasion des élections municipales qui vont aussi permettre le choix des représentants communautaires, amplifions le mouvement et conduisons les candidats à se positionner et à s’engager !

Eau publique en Essonne : l’atelier citoyen crée un raz de marée

A l’occasion de la journée mondiale de l’eau, de nombreuses initiatives animent la communauté d’agglomération du Val d’Orge, en Essonne.

Le collectif citoyen EAU (Elus, Associations, Usagers) Val d’Orge veut s’emparer du débat sur la gestion de l’eau, informer la population et inviter les représentants communautaires à se positionner avant les prochaines élections, qui auront lieu en 2014.

Voici le texte du fly qui sera distribué dans les rues ce week-end:

Journée Mondiale de l’Eau le 22 mars : Mouillons-nous pour changer la donne
D’autres l’ont fait, pourquoi pas nous ?

L’Atelier E.A.U (Elus, Associations, Usagers) collectif Valdorgien qui milite pour un retour en gestion publique de l’eau potable

  • Refusons de rester en carafe, agissons !
    pour une baisse du tarif du m3 d’eau. Pas plus loin qu’à Viry-Châtillon, le retour en régie publique de l’eau a permis de réduire la facture des usagers de 20 %
  • pour un tarif social et environnemental. Aujourd’hui, plus on consomme de l’eau, moins on la paie cher. Bonjour les gaspillages ! On peut très bien décider l’inverse : Les premiers m3 d’eau seront moins chers, voire gratuits.
  • pour la défense du service public. Avec une gestion publique de l’eau, pas de dividende à verser aux actionnaires. L’intérêt de l’usager est le seul objectif. L’argent ne sera plus offert aux actionnaires mais consacré à l’entretien des réseaux d’alimentation.
  • pour que les usagers soient mieux impliqués dans la gestion démocratique de leur service public de distribution d’eau potable.

Le Conseil Général de l’Essonne et le Conseil Régional d’Île de France se sont prononcés en faveur de la gestion publique de l’eau.
De nombreuses villes et collectivités, Paris, Evry, Viry-Châtillon ont déjà fait le choix du retour à ce mode de gestion. Notre communauté d’agglomération du Val d’Orge pourrait aussi reprendre en régie publique la gestion de notre eau potable et pourtant elle fait preuve d’une grande réserve. Or, les contrats entre les multinationales et l’Agglo s’achèvent prochainement. C’est pourquoi nous devons peser dès aujourd’hui sur ce choix. On voit partout que lorsque la volonté politique existe, rien ne fait obstacle au passage en régie.
N’oublions pas : l’année prochaine, nous choisirons pour la première fois nos représentants communautaires à l’occasion des élections municipales. Profitons de cette avancée démocratique pour placer la question de la gestion de l’eau au cœur du débat public. Conduisons les candidats à se positionner et à s’engager dans ce domaine.

Créons le Raz de marée : emparons nous de la question ! Exigeons de notre Agglo un engagement au retour en régie publique de l’eau conforme à notre volonté !

22 mars Journée Mondiale de l’Eau, ne restons pas en rade…

L’EAU EST UN BIEN COMMUN

L’EAU EST A NOUS

Rejoignez nous pour préparer les prochaines actions et contactez nous sur le blog de l’Atelier citoyen http://ateliercitoyen-eauduvaldorge.blogspot.fr

SEDIF : la vérité des prix

Le Syndicat des eaux d’Île-de-France (SEDIF) célèbre cette année ses 90 ans. Depuis 1923, le SEDIF est en délégation de service public, c’est-à-dire que la production, la distribution et la facturation de l’eau sont confiées à la Compagnie générale des eaux, devenue VEOLIA. Et il devrait en être ainsi jusqu’en 2023, date à laquelle s’achèvera l’actuel contrat. Un siècle avec la générale !

Pour les usagers, cette touchante fidélité se traduit par des tarifs parmi les plus élevés de France. Et ils ne cessent d’augmenter !

Le tarif du SEDIF au 1er janvier est 1,47 €/m3 (pour la partie eau exclusivement). Du 1er janvier 2011 (départ du nouveau contrat SEDIF VEOLIA) au 1er janvier 2013, l’augmentation est donc de 4,25%.

Faut-il s’en étonner, cette hausse bénéficie exclusivement à VEOLIA. Au 1er janvier 2011, hors part fixe, le tarif se décomposait en 0,45 €/m3 pour le SEDIF et 0,96 €/m3 pour VEOLIA. La part du SEDIF n’a pas bougé au 1er janvier 2013; mais celle revenant à VEOLIA est passée à 1,02 €/m3 soit une augmentation de 6,25%!!!

Présentée comme une des avancées du nouveau contrat SEDIF VEOLIA, cette distinction entre part du SEDIF et part de VEOLIA est un trompe l’oeil. Ainsi le SEDIF vient d’acheter à VEOLIA pour la modique somme de 28 millions d’euros l’unité d’Arvigny. Ces 28 millions d’euros seront comptabilisés dans la part du SEDIF …mais c’est encore à VEOLIA qu’ils profiteront.

Certains usagers domestiques « bénéficient » d’une seconde tranche de tarif (pour une consommation supérieure à 180 m3) à 1,66 €/m3. Dans ce cas, hors abonnement, la part du SEDIF est inchangée (0,45 €/m3) mais celle de VEOLIA est de 1,0167 €/m3. Un petit extra pour VEOLIA sur le dos des familles nombreuses. Il s’agit d’une fausse progressivité car les gros consommateurs (entreprises) bénéficient d’une ristourne qui peut aller jusqu’à 60% !

A titre de comparaison, le tarif d’Eau de Paris au 1er janvier 2013 est 1,05 €/m3, inchangé depuis le 1er janvier 2010, date du retour en régie publique. Le SEDIF fait payer aux usagers domestiques des tarifs qui sont de 40 à 68% plus élevés que ceux d’Eau de Paris.

C’est bien un racket qui s’opère sur les usagers via le SEDIF.