Au Syndicat des eaux d’Île-de-France (SEDIF), il n’y a pas que les canalisations qui ont des fuites! Et le renouvellement du contrat de délégation de service public du SEDIF et son corollaire, la mise en place de l’osmose inverse basse pression (OIBP), apparaissent décidément bien plombés. Le transfert massif des fichiers de la réponse de Suez à son concurrent Veolia n’est pas accidentel, contrairement à ce qui était expliqué de façon complaisante par les Echos et le Figaro ces derniers jours. Il s’agit bien d’une fuite organisée, révèle BFM Business. Extraits et lien vers les articles, ci-dessous. Incapable de faire face à cette situation qui engage sa responsabilité, M Santini, le président à vie du SEDIF, déploie un rideau de fumée avec de pleines pages de publicités dans Le Parisien et dans le Magazine des acteurs du Grand Paris, luxueuse expression de la finance mondiale en Île-de-France.
Il est temps d’arrêter les frais. Cet appel d’offres truqué ne peut pas repartir à zéro dans les circonstances actuelles. L’abandon de l’OIBP et la mise en place d’une régie publique sont la seule sortie de la crise, nonobstant les poursuites pénales pour les instigateurs de la tricherie qui tourne au fiasco. Mais où sont les pouvoirs publics?
Des trois réunions de proximité organisées par la commission du débat public et du débat à l’Académie du Climat, à propos du projet du SEDIF de généraliser la technologie de l’OIBP à ces principales usines, se dégage une constante dans l’argumentation pourtant fluctuante du SEDIF. C’est de prétendre qu’on ne peut rien faire contre la pollution de l’eau par les pesticides. C’est évidemment faux.
Les hausses des tarifs de l’eau sont inévitables et sont causées par celles des coûts de l’énergie, nous dit-on partout. Pourtant ce n’est pas si simple, les hausses ne sont pas générales et leurs causes sont multiples et souvent contestables : en Île-de-France, les nouvelles régies publiques d’Est Ensemble et du Grand Orly Seine Bièvre et Eau de Paris protègent les usagers de l’inflation. C’est ce qu’on attend du service public!
Le SYCTOM est le syndicat qui traite les déchets ménagers de 82 communes en Île-de-France. Il vient de basculer du côté de la gauche et des écologistes avec l’élection d’un nouveau président, mercredi 27 juillet 2022. Ce changement de président doit conduire maintenant à un changement de politique vers une réduction des déchets plutôt qu’une augmentation des capacités de traitement. Lire ci-dessous nos commentaires et le communiqué des élu.e.s écologistes au SYCTOM.
Après l’abandon du projet pilote d’Arvigny, le SEDIF tente de relancer l’eau osmosée par une campagne médiatique (lire ci-dessous les articles de 20 minutes et du Parisien). Les montants des investissements sont toujours effarants (400 millions d’euros par usine, soit plus d’un milliard d’euros pour trois usines, selon 20 minutes) et une hausse des tarifs de 20 centimes par m3 est annoncée pour les usager.e.s. Le choix de commencer par l’usine de Méry-sur-Oise montre que le projet ne répond à aucune utilité pour la qualité de l’eau des usager.e.s. Car Méry-sur-Oise dispose déjà d’une technique plus sophistiquée (la nanofiltration) que les autres usines du SEDIF. S’il y avait un impératif à améliorer la qualité de l’eau, il aurait fallu commencer par les autres usines (Choisy-le-Roi et Neuilly-sur-Marne) moins performantes. Le durcissement des normes sur les micropolluants annoncé par André Santini est un fake : la directive européenne eau potable en décembre 2020 ne prévoit rien de tel. La seule motivation de l’eau osmosée est inavouable : maintenir au plus haut niveau la rente de Veolia.
Mais on ne nous dit pas tout! Citée dans l’article de 20 minutes, Anne-Laure Colon qui était cheffe du service études de faisabilité et filières haute performance, en charge du dossier technique de l’eau osmosée depuis 2016, a quitté le SEDIF. Qui croit encore à l’OIBP?
un réseau qui réunit citoyens et associations autour de la ressource en eau en Île-de-France et sur tout le territoire français, sur tous les aspects: social, environnemental, économique, juridique, de la santé, culturel…